Coronavirus
 01.04.2020, 18:00

Covid-19: une structure médicale dédiée aux patients suspects a ouvert au Landeron

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Le docteur Vincent Amstutz (blouse blanche) a présenté les box du centre de tri Covid-19 à des confrères et des représentants des autorités sanitaires cantonales.

Coronavirus Pour séparer les personnes potentiellement infectées par le coronavirus des autres patients, les médecins du Landeron se dotent d’une unité de tri.

Un pas de plus dans la bataille pour freiner la propagation du coronavirus a été franchi au Landeron. Les huit médecins du Centre médical de l’Entre-deux-Lacs (CME2L) ont mis en place une structure d’accueil réservée aux personnes suspectées d’être infectées par le virus. Elle est en phase de test depuis le 24 mars.

Chaque après-midi

Cette mesure doit permettre aux praticiens du Landeron de continuer à traiter les patients «conventionnels» à l’écart de ceux qui pourraient transmettre la redoutée maladie. Montée en un temps records, l’unité de tri dispose de trois box assemblés au rez-de-chaussée du bâtiment administratif, soit à une encablure du cabinet médical. La commune a mis ses locaux et infrastructures à disposition du cabinet. Des artisans menuisiers ont fabriqué les box.

Cette salle, qui accueille notamment le Conseil général du Landeron en temps ordinaire, dispose désormais d’une réception et d’un espace d’attente. Depuis le 24 mars, cette structure Covid-19 tourne à plein régime. Trois médecins et une assistante en formation s’y relayent tous les après-midi.

Séparation des flux

«Nous nous sommes rendu compte que les centres de tri de Nomad, qui sont très bien, n’étaient pas suffisants, car la médecine générale n’est pas intégrée au plan catastrophe», explique Vincent Amstutz, médecin du CME2L. D’où l’idée de recevoir les urgences classiques au cabinet, et les cas avérés ou suspectés de Covid-19 dans la structure réservée.

A lire aussi : Les soignants de Nomad, maillon essentiel de la lutte contre le coronavirus

Vincent Amstutz estime que ces filières dédiées sont extrêmement importantes à ce stade de la pandémie. «La séparation des flux permet, par exemple, de tenir à l’écart un patient diabétique, donc à risque, d’un autre qui serait touché par le virus.» Et ce n’est pas le moment de relâcher les efforts, puisqu’«on sent que le nombre de cas est en train de monter», constate le médecin.

Si la maladie progresse en dépit des efforts de confinement de la population, tousser peut aujourd’hui être ressenti comme une honte en public. «Certains patients nous cachaient qu’ils toussaient», poursuit le généraliste, montrant ainsi la nécessité de disposer de cette structure Covid-19.

Projet pilote

Les autorités sanitaires cantonales ne s’y sont pas trompées. Après les réflexions d’usage, «le médecin cantonal a validé notre projet pilote», se réjouit Vincent Amstutz. Grâce à ce statut, les médecins du CME2L espèrent recevoir une aide accrue, dont des bénévoles, pour faire fonctionner la structure du Landeron.

Ce mercredi matin 1er avril, une délégation du Département de la santé publique ainsi que des médecins visitaient précisément le centre de tri landeronnais. Pour s’en inspirer? La question sera certainement sous la loupe des experts ces prochains jours.

Vincent Amstutz a son avis. De telles structures dédiées au Covid-19 devraient éclore «dans les régions à l’écart des villes dotées d’hôpitaux. La Société neuchâteloise de médecine y est favorable.»

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Peintres et vignerons en renfort

Avec la mise en place du centre de tri du Landeron, les médecins du Centre médical de l’Entre-deux-Lacs (CME2L) espèrent recevoir une dotation supplémentaire de matériel médical propre à se protéger du coronavirus. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. «Nous devons remercier les vignerons qui nous ont donné des combinaisons blanches de rechange, qu’ils utilisent pour le traitement de leurs vignes. Des peintres aussi. Et des industries qui nous ont fourni des masques de protection», relève Vincent Amstutz.

Le médecin du CME2L pointe un sentiment de ras-le-bol dans la profession, en raison du manque de matériel de protection. «La situation est devenue dangereuse pour nous, le personnel et les patients.» Et ne recevoir que quinze masques par médecin et assistant, qu’il faut maintenir durant deux semaines avant d’en toucher des nouveaux, ne réjouit pas les praticiens. «On a tous des quotas», philosophe Vincent Amstutz, en jalousant les 200 masques par quinzaine que touchent les pharmacies.


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