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 20.05.2020, 05:30

Nathalie Herschdorfer, directrice du Musée des beaux-arts du Locle, écrit à nos aînés

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Nathalie Herschdorfer, directrice du Musée des beaux-arts du Locle, écrit à nos aînés

Solidarité Chaque jour, «ArcInfo», ses partenaires médias et les EMS proposent une lettre adressée aux personnes les plus concernées par le Covid-19. Aujourd’hui, Nathalie Herschdorfer, directrice du Musée des beaux-arts du Locle, écrit à A.

Le Locle, le 20 mai 2020

Ma chère A,

Tu as raison, bientôt nous penserons à ce temps inédit avec sérénité. Attendre, n’avons-nous jamais fait autre chose, écrit Marguerite Duras.

Petite déjà, tu m’avais avertie: la vie est faite d’inattendus. L’être humain aime à prédire l’avenir, et pourtant nous peinons à comprendre ce qu’il nous arrive. Malgré les avertissements de quelques scientifiques nous parlant des dangers des épidémies, nous avons refusé de croire en leurs messages, pour notre confort. L’arrivée de l’imprévisible était pourtant prévisible. Nous ne savons pas si nous allons retourner «à la normale» ou si ce temps d’incertitudes durera. Tu me l’as dit, chaque jour le monde se révèle dans une nouvelle complexité.

Cette crise planétaire m’a fait découvrir que je ne suis pas seule dans ce monde. Je partage mon existence avec 7 milliards de personnes qui se retrouvent reliées alors que beaucoup semblait nous séparer. La durée de ton existence me paraît si longue et pourtant, tu me le répètes, il s’agit d’une durée infime par rapport à celle de l’univers. J’observe ton quotidien où tout semble si bien réglé et où semble régner la sérénité, mais tu me le rappelles, le cycle de l’existence est fait de moments de bonheur et de crises. Nous ne pouvons y échapper.

Tu as exploré le monde. Tu as été en contact avec d’innombrables trésors de la culture humaine. Aujourd’hui, les voyages se sont arrêtés, une grande partie de l’humanité a été confinée, touchée par ce cataclysme planétaire. Alors que nous prônions la mobilité, nous sommes contraints à la sédentarité. Alors que j’attends avec une certaine impatience la réouverture des frontières, tu me parles de la beauté des arbres, du chant des oiseaux, de la lumière du printemps. Je m’alarme devant le ralentissement de notre monde, tu me dis que c’est lors de ces moments d’arrêt que nous réfléchissons sur le sens de nos vies. C’est le destin de l’humanité d’être confrontée, ébranlée, bousculée.

Tu me parles de l’importance du Nous et que c’est par le lien que naît l’épanouissement. Chacune et chacun participe à l’aventure humaine et laisse en héritage les fruits de son activité pour celles et ceux qui viendront ensuite. Tu m’avertis que la connaissance ne peut pas stopper les périls qui nous menacent, que pour continuer à vivre, à nous de nous adapter, de changer. Depuis des siècles, l’humain cherche à repousser l’ignorance mais tu ne cesses de me le répéter, l’inconnu est exaltant. Ma chère A, tu as raison, je tâcherai comme toi d’y trouver mon bonheur.

A lire aussi: toutes les «Lettres à nos aînés»
 

Ces lettres sont lues dans l’émission de la RTS «Porte-Plume» diffusée du lundi au vendredi de 11 heures à 11 h 30. Une opération en partenariat avec «Le Nouvelliste», «Le Quotidien jurassien», «Le Journal du Jura», «La Liberté», «La Côte» et le mensuel «Générations».


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