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 26.03.2020, 17:00

«Ma ‘famille’ a brusquement disparu»: la chronique d’une enseignante neuchâteloise

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«Ma ‘famille’ a brusquement disparu»: la chronique d’une enseignante neuchâteloise

Épidémie Tous les lundis et les jeudis, Myriam Facchinetti, enseignante d’une classe de 3e Harmos au collège des Parcs à Neuchâtel, nous raconte comment elle garde le contact avec ses élèves et leurs parents.

Cela fait maintenant bientôt deux semaines que la vie scolaire en établissement s’est arrêtée brutalement à Neuchâtel.

Je vous ai déjà parlé de mes élèves, de nos débuts dans cette configuration éclatée et confinée. Mais je ne vous ai pas encore parlé de ce qui gravite autour d’une classe et qui fait aussi la vie d’une enseignante: ses collègues.

Je travaille dans un grand collège: il y a environ 390 enfants et quelque 40 enseignants, titulaires ou enseignantes de soutien. Tout ce petit monde fonctionne comme une grande famille, dans laquelle il peut parfois y avoir des tensions, comme de grands moments de joie.

Plus trace…

Depuis ce fameux vendredi 13, ma «famille» a brusquement disparu. Plus trace de ma collègue de pallier qui vient me demander si je vais bien le matin, plus trace de mon collègue qui m’apporte un café à chaque surveillance, plus trace de mon collègue qui vide les armoires à provisions de la salle des maîtres à chaque récréation sous notre regard amusé, plus trace de ma collègue qui organise les ateliers dans toutes les classes pour apprendre la «Cup Song» pour la fête de collège, plus trace de ma collègue qui peste contre la photocopieuse ou son ordinateur, plus trace de mes collègues qui me parlent en allemand pour me faire une petite place dans le projet bilingue… Du jour au lendemain, nous avons été séparés.

Notre cohésion, notre collaboration, notre amitié dans cet immense bâtiment s’arrête là, pour le moment.
C’est compliqué de faire la classe sans ses élèves, mais c’est difficile aussi de donner son enseignement sans l’appui ni la présence de ses précieux collègues.

Finalement, c’est comme en famille: c’est au moment où on est séparés qu’on se rend compte à quel point on a besoin les uns des autres. Tes collègues, c’est ton soutien quand tu perds pied, ta soupape quand tu veux décharger ton stress, ta boussole quand tu ne sais plus très bien où tu en es. Chacun de nous se retrouve maintenant face à son propre stress, face à sa propre pratique professionnelle. Et ce n’est pas évident.

«Notre dernière année»

C’est notre dernière année dans ce collège vieux de 106 ans. Au moment de la fermeture des écoles il y a deux semaines, nous planifiions déjà notre déménagement, craignant que notre cohésion ne soit mise à mal parce que nous allions être séparés dans deux bâtiments différents durant les rénovations.

Aura-t-on l’occasion de tous nous retrouver pour pouvoir nous dire au revoir? Reverra-t-on nos élèves avant la fin de l’année? On verra bien.

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