Coronavirus
 21.03.2020, 05:30

Les soignants de Nomad, maillon essentiel de la lutte contre le coronavirus

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Un programme informatique conçu par les services cantonaux de la santé publique aiguille les infirmières dans leurs choix.

Coronavirus Depuis vendredi dernier, une ligne téléphonique et des unités de tri infirmier ont été mises en place pour les malades du Covid-19 dans le canton de Neuchâtel. Une centaine de personnes par jour consultent auprès des infirmières de Nomad. Reportage à Perreux.

Un désinfectant et un masque bleu trônent sur une table à l’entrée du bâtiment. A plusieurs mètres devant elle, une pro montre patiemment comment nous désinfecter les mains et nous équiper.

Nous voici à Perreux dans une des sept unités de tri infirmier gérées par l’institution publique Nomad dans le canton de Neuchâtel. Face à l’épidémie du coronavirus, les services cantonaux de la santé publique ont donné mandat à l’entité de soins à domicile d’accueillir les malades aux symptômes légers et modérés depuis vendredi dernier.

Au cœur du dispositif de lutte contre le Covid-19, ces centres doivent permettre ont hôpitaux de se concentrer sur les patients qui ont besoin de soins aigus. Jeudi, une centaine de personnes ont été accueillies par les infirmières contre environ 80 dans hôpitaux.


A l’arrivée dans l’unité de tri infirmier, une professionnelle montre comment utiliser le gel désinfectant pour qu’il soit efficace à 100%. Photo: Christian Galley

Désinfection après chaque passage

Dans ces unités de tri infirmier, les patients viennent sur rendez-vous, après avoir pris contact avec la ligne téléphonique – 032 886 88 80 – mise en place (lire l’encadré). Les demandes ont afflué depuis l’ouverture du service et le personnel soignant travaille aujourd’hui de 8h à 18h-19h chaque jour, explique Damien Vadi, responsable du centre de Perreux.

Espaces réaménagés, consultations espacées, désinfection après chaque passage, tout est fait pour réduire un maximum le risque de contaminations.

«Besoin d’être rassurées»

A l’étage, deux infirmières se chargent d’accueillir les malades en salle de soins. Contrôle de la température, pression et tension artérielle, saturation d’oxygène, questions, les soignantes procèdent à une batterie de tests. Un programme les aiguille et des médecins sont disponibles par téléphone pour leur donner une appréciation.

«Les personnes qui viennent ici ont besoin d’être rassurées», souligne Fanny Bastard, adjointe du responsable du centre sur le pont ce vendredi. «La plupart du temps, on leur demande de se soumettre à un auto-isolement jusqu’à 48h après les derniers symptômes», poursuit-elle.

Jeudi, un patient s’est présenté avec trop de difficultés respiratoires et elle a dû faire appel à une ambulance. «Si l’état de santé se dégrade, il ne faut pas attendre le rendez-vous et appeler les urgences», insiste Damien Vadi.


Lors de la consultation, les infirmières procèdent à une batterie de tests. Photo: Christian Galley

«Il faut qu’on se préserve»

A Perreux, les agendas sont pleins: une quinzaine de personnes consultent chaque jour. «Ma plus grande inquiétude est l’épuisement des collaborateurs dans la durée. Certainsont augmenté leur pourcentage pour assurer le reste de notre activité. Il faut qu’on se préserve, pour que tout le système sanitaire fonctionne correctement», souligne Damien Vadi.

Au vu de l’évolution de la situation, davantage de personnel va être mobilisé pour augmenter le nombre de consultations dans les unités de tri infirmier. Pour alléger le travail des soignants, des étudiants seront embauchés pour leur prêter main-forte dans les tâches non médicales.

«On pourrait également faire appel davantage à la protection civile ou même à l’armée», explique Gabriel Bader, directeur général. «Cela va commencer à devenir compliqué dans les deux prochaines semaines, j’espère que de nouvelles mesures soient décidées, je ne suis pas sûr que celles-ci soient assez drastiques.» Il s’inquiète également des stocks de matériel qui permettent de tenir qu’une à deux semaines…

Pas le temps de souffler à la centrale téléphonique

Elle court, Fedzrije Seiler, la responsable Accueil-Liaison-Orientation (ALO) de l’institution publique de soins à domicile Nomad. Dans les locaux de Cernier, une dizaine de personnes décrochent et raccrochent sans cesse leurs combinés. Depuis vendredi dernier, en plus des prestations habituelles, une centrale téléphonique pour les unités de tri infirmier du canton de Neuchâtel a été mise en place pour répondre aux malades qui craignent d’être atteints du Covid-19 (032 886 88 80).

Majoritairement composée d’infirmières, l’équipe gère sept lignes téléphoniques depuis mercredi. Avant, c’était trois de moins, et certaines personnes ont dû attendre trois à quatre heures avant d’avoir une voix à l’autre bout du fil. Les appels de personnes angoissés augmentent à mesure que l’épidémie de coronavirus s’amplifie. Jeudi, 300 appels ont été passés. Les professionnels n’ont presque aucun répit.

Au bout du fil, les patients déversent leurs angoisses sur leur état de santé et demandent souvent des tests de dépistage. Les professionnels, eux, les questionnent pour les aiguiller au plus juste. «Beaucoup d’employés nous ont appelés sur demande de leur patron pour se faire dépister», témoigne Catherine Gitton, une des infirmières au front.


Les professionnels ont peu de temps pour souffler entre deux appels. Photo: Christian Galley

«Nous devons y faire face»

Devant l’anxiété des appelants, il est parfois difficile d’écourter la conversion. «Nous passons facilement cinq à dix minutes au téléphone par appel. Nous ne voulons pas qu’une personne raccroche sans être rassurée», souligne Catherine Gitton, avant de souffler «nous devons nous économiser, la pandémie est là, nous n’avons pas le choix, nous devons y faire face».

«On craint l’épuisement et les malades», confie Fedzrije Seiler. Malgré le coronavirus, il faut assurer toutes les autres prestations d’ALO. «Nous avons demandé à nos partenaires de fonctionner le plus possible par courriel», indique-t-elle. La responsable hyperspeed en est à son douzième jour de travail. «Je ne viendrai qu’un petit moment demain matin avant de me reposer», rassure-t-elle.


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