Christian Mukuna écrit à nos aînés
Chaque jour, «ArcInfo», ses partenaires médias et les EMS proposent une lettre adressée aux personnes les plus...
25.04.2020 05:30 Coronavirus
Solidarité Chaque jour, «ArcInfo», ses partenaires médias et les EMS proposent une lettre adressée aux personnes les plus concernées par le Covid-19. Aujourd’hui, l'ex-triathlète Magali Di Marco, médaillée olympique de triathlon, s’adresse à ses grands-parents.

Chers Grands-parents,
J’aimerais vous dire que je pense à vous,
Une drôle de situation est en train de nous chambouler. Notre mobilité frénétique a brusquement disparu de notre quotidien. Nos agendas boursouflés se sont vidés. Les enfants ne vont même plus à l’école! Depuis le 15 mars, du jour au lendemain, nous vaquons à l’essentiel pour éviter de propager un méchant virus.
Partager l’espace et le temps en famille, faire son pain, sortir – un peu – et pour les chanceux… télétravailler, façonnent nos journées. On répare plein de trucs dans la maison, on cuisine avec les restes, on invente des jeux avec des bouts de carton. On se coupe les cheveux soi-même, et le shopping est devenu aussi inutile que futile!
Nos loisirs se sont réduits à ceux que vous aviez lorsque vous étiez jeunes: les promenades et les jeux de société. Imaginez! Lorsque nous sortons prendre l’air, nous pouvons nous aventurer au milieu de la rue, les voitures ont presque disparu. Une partie des gens aimerait bien que tout redevienne comme avant, mais ça, c’est une autre histoire…
Vous seriez abasourdis de voir comme nous sommes virtuellement liés à notre travail, mais sans cela, cette situation me fait penser à votre vie, que je me représente grâce aux anecdotes que vous racontiez. Pendant la guerre, grand-papa alors douanier, vous avez vécu quelques années à Champéry. Une époque dure, où on se cachait pour faire des choses interdites. On manquait de beurre et de farine, qu’on remplaçait par des patates. Il fallait faire du trafic illégal pour se procurer des denrées de luxe, comme les cigarettes, du sucre ou des épices. Mais je vous rassure, nous ne manquons de rien, pour l’instant.
Petite, je me souviens que grand-papa détestait le pain aux pommes de terre, redevenu à la mode dans les années 1980. Ça lui rappelait cette période de privation. Toi, grand-maman, tu étais l’énergie incarnée. Après une journée dans la nature (les meilleures), lorsque tu dégustais une coupe de framboises arrosées de crème fouettée, tu riais aux éclats: «Après ça, on peut mourir!» Puis tu t’extasiais devant le coucher de soleil, qui violaçait les montagnes.
Aujourd’hui, vous n’êtes plus là, mais ce bonheur des plaisirs simples a été transmis à toute la famille. Cette période particulière nous force à nous en souvenir. Nous tâcherons de garder en tête que la vie réside dans ces valeurs: s’émerveiller devant les montagnes violettes ou se délecter d’une coupe de framboises sur la terrasse d’un alpage.
Bien à vous.

A lire aussi: Toutes les lettres publiées
Ces lettres sont lues dans l’émission de la RTS «Porte-Plume» diffusée du lundi au vendredi de 11h à 11h30. Une opération en partenariat avec «Le Nouvelliste», «Le Quotidien jurassien», «Le Journal du Jura», «La Liberté», «La Côte» et le mensuel «Générations»


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