Coronavirus
 20.04.2020, 20:00

L’école à la maison, une galère?

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L'enseignement peut se faire de manière ludique plutôt que normative.

Éducation Les parents doivent-ils culpabiliser parce qu’ils n’ont pas les compétences de la maîtresse d’école? Le psychopédagogue Jean-Marc David répond non.

Auteur d’un livre, Résoudre les conflits répétitifs avec ses enfants, et d’une méthode «salle de bains» fort pertinente en cette période de confinement, l’ancien professeur de collège et formateur d’enseignants rassure les parents d’enfants du primaire: «Les maîtres d’école proposent, et les parents disposent. Les professionnels fournissent une indication du travail à donner, mais ils ne demandent pas aux parents de se transformer en enseignants.»

Vivez une vie de famille

Plutôt que de se mettre la pression ce psychopédagogue de Grenoble conseille aux parents de profiter de cette période pour vivre une vraie vie de famille. «C’est une expérience tellement rare! Ce serait dommage de la polluer avec l’école. Et les parents ne devraient pas s’inquiéter d’un manque dans les acquisitions, puisque les écoles appliquent une forme d’apprentissage qui se répète chaque année.»  

Les professionnels fournissent une indication du travail à donner, mais ils ne demandent pas aux parents de se transformer en enseignants. 
Jean-Marc David, psychopédagogue

Selon Jean-Marc David, le rôle du parent, pendant le confinement comme pendant le reste de l’année, est de jouer avec l’enfant. «Le jeu produit de l’apprentissage. L’avantage dans le cas de ce type d’apprentissage est qu’il est naturel, donc définitif, comme faire du vélo.» Le père ou la mère se trouve donc libre d’imaginer ce qu’il ou elle souhaite pour donner un aspect ludique au moment de travail. «Le parent peut se mettre en scène et prendre le rôle de l’élève, par exemple, et faire des erreurs que l’enfant corrigera. Ou l’enfant apprendra l’imparfait à son parent. Il n’y a pas de consigne, si ce n’est prendre du plaisir.»

Par mimétisme

Si le parent télétravaille, l’ancien professeur de collège propose de profiter du goût pour l’imitation des enfants: «On observe que si l’on s’assied tous les jours pour travailler sans rien dire, au bout d’un moment, très souvent l’enfant soit s’y mettra de lui-même, soit demandera des exercices, par mimétisme. Les enfants aiment bien faire ce que l’on ne leur demande pas. Plus on leur demande, plus ils regimbent. Moins on leur demande, plus ils se trouvent dans le manque qui crée le désir.»

Au temps du retour

Et faut-il préparer les enfants au retour à l’école? «C’est un retour normal à l’école. Il n’a rien de nouveau. Je crois qu’il ne faut pas faire un problème de quelque chose qui n’en est pas un. L’enfant va retrouver ses copains, sa maîtresse. C’est une joie!»

Pour l’ancien formateur, le confinement n’est pas du temps perdu, mais l’opportunité de développer la capacité de s’adapter au changement de l’environnement pour les parents, comme pour les enfants. «L’adaptation est une des clés d’un apprentissage de qualité. Et surtout, j’espère que l’après-confinement ne ressemblera pas à l’avant-confinement. Ce serait bien que ce moment permette de retrouver le plaisir d’être ensemble et de jouer ensemble, si le mode de fonctionnement familial ne le permettait pas avant.»

Pour aller plus loin

Résoudre les conflits répétitifs avec ses enfants. La méthode « salle de bains », Jean-Marc David, Françoise Berry, Ed. Jouvence, 160 p. www.laguidanceparentale.com

 

Le salut se trouve dans la salle de bains

En cas de dispute autour du travail scolaire à la maison, par exemple, «Résoudre les conflits répétitifs avec ses enfants» propose un comportement en accord avec les possibilités du confinement: la méthode  «salle de bains». Dans ce livre, il s’agit de dénouer des crises qui reviennent inlassablement en montrant de l’indifférence. Comme seules les toilettes, la salle de bains (ou la chambre, si c’est l’heure du coucher), semblent des endroits où l’on peut aller naturellement sans donner l’impression d’être en colère ou de fuir, il faut s’éloigner du comportement que l’on souhaite éviter, et se rendre dans ce lieu, sans commentaire.

Dans ce livre coécrit avec Françoise Berry, auteur et biographe familial formée à la Communication NonViolente, le même genre de posture s’applique à un enfant qui interrompt sans cesse. Au lieu de lui crier sans résultat: «Arrête de me couper la parole!», il s’agit d’ignorer l’enfant et de tenter de se concentrer sur la conversation, en tenant bon, les deux parents s’étant mis d’accord au préalable. Puisqu’il ne faut pas céder, il s’agit de choisir un jour où on est en forme pour se lancer dans cette dissolution du conflit répétitif.


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