Coronavirus
 07.04.2020, 05:30

Confinement: alcool, cigarettes, médicaments, comment ne pas en abuser

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En cette période de confinement, veillez à ne pas augmenter votre consommation d'alcool.

Santé Le confinement peut pousser certaines personnes à consommer davantage d’alcool, de cigarettes ou de médicaments. Les spécialistes d’Addiction Neuchâtel et de Vivre sans fumer livrent leurs conseils.

Alcool, cigarette, médicaments et écrans: la période de confinement que nous vivons pourrait conduire certaines personnes à sombrer dans l’addiction. Ou du moins à perdre un certain contrôle. Alors que les apéros via les réseaux sociaux ont la cote, Addiction Neuchâtel et Vivre sans fumer-Cipret Neuchâtel mettent en garde contre l’augmentation de la consommation de ces différents produits et proposent des solutions et des aides. Ces deux entités, malgré leur réorganisation, continuent également leur travail de soutien aux personnes souffrant d’addictions.

«L’alcool ne doit pas devenir un médicament ou une récompense»

«Les routines disparaissent et nous avons davantage de temps. Comme lors de périodes de vacances, lors desquelles nous voyons aussi une augmentation de la consommation d’alcool, favorisée par davantage de moments de convivialité», explique Valérie Wenger, responsable de la prévention à Addiction Neuchâtel. Si le coronavirus nous empêche de nous retrouver, «des logiciels comme Skype permettent de créer une sorte de convivialité.» 

Si les apéros virtuels sont positifs pour briser la solitude, ils peuvent devenir un prétexte pour boire. Pire, «lorsqu’on éteint l’écran, la réalité de sa solitude, de son isolement peut favoriser la consommation d’un verre pour soi», assure Valérie Wenger. Et c’est là que ça devient dangereux: «L’alcool ne doit pas devenir un médicament ou une récompense.» Si c’est le cas, «il ne faut pas culpabiliser, mais rectifier le tir et si besoin en parler avec un proche ou un spécialiste de la santé.» 

Les recommandations pour rester en bonne santé sont de maximum un verre standard (réd: selon l’OMS, compter 10cl de vin à 12°, 25cl de bière à 5°ou 3cl de cognac à 40°)  par jour pour les femmes, deux pour les hommes, avec plusieurs jours d’abstinence dans la semaine. Selon Valérie Wenger, il est nécessaire de «conserver ou retrouver une routine, par exemple en ne buvant que le week-end, comme avant le confinement». Si, à certaines occasions, les adultes en bonne santé ont envie de boire plus, la recommandation est alors de ne pas dépasser quatre verres standards. Ne pas devoir prendre le volant n’est pas un motif suffisant pour boire davantage!

Valérie Wenger met également en garde contre le mélange alcool et médicaments: «En cette période d’anxiété ambiante, il pourrait y avoir une augmentation de la consommation de somnifères ou d’anxiolytiques, par exemple. Même si vous ne consommez pas davantage d’alcool, cela peut créer des interactions nocives et dangereuses pour votre santé physique et psychique». Dès lors, «mieux vaut essayer de se relaxer et de rompre l’isolement d’autres façons!» 

«C’est peut-être l’occasion de trouver des stratégies de remplacement au tabac» 

Il y a deux sortes de fumeurs: ceux qui ne peuvent pas se passer de la clope et ceux qui fument de temps en temps en buvant un verre avec des amis. Selon Laurence Bourquin, chargée de projet pour Vivre sans fumer-Cipret Neuchâtel, les premiers, s’ils sont affectés émotionnellement par la situation actuelle, pourraient augmenter leur consommation. Quant aux seconds, ils devraient logiquement la baisser. «Tout dépend des usages que la personne fait de la cigarette.» 

Dans tous les cas, elle conseille de s’en tenir à sa consommation habituelle. «Si vous avez la bonne habitude de ne pas fumer à l’intérieur, continuez.» Encore mieux: «C’est peut-être l’occasion de trouver des stratégies de remplacement.» 

«Il ne faut pas dramatiser si notre consommation d’écrans augmente modérément»

Définir une durée maximale d’utilisation, faire des pauses, placer l’ordinateur dans les espaces communs ou encore planifier des activités de remplacement: ce sont quelques pistes proposées par Yvan Grecuccio, psychologue-psychothérapeute chez Addiction Neuchâtel, afin de gérer sa consommation d’écrans. «Il ne faut pas dramatiser si notre consommation d’écrans augmente modérément. Il s’agit plutôt de veiller à ce que ce temps soit en partie consacré à des activités en ligne variées, participant au maintien d’une bonne qualité de vie.»

Nous pouvons utiliser les écrans de manière constructive, notamment en gardant le lien avec nos proches grâce aux réseaux sociaux ou aux messageries. Internet peut aussi…nous faire bouger: «Youtube, par exemple, regorge de vidéos pour faire de la gymnastique en famille, des exercices de yoga ou de pilates. La méditation de pleine conscience peut également être une ressource bénéfique pour se recentrer et éviter que notre cerveau s’emporte dans toutes sortes de ruminations anxieuses ou dépressives.» Contrairement aux jeux d’agent en ligne et aux jeux violents ou stressants, dont il est préférable de ne pas abuser. 

Yvan Grecuccio pointe du doigt une autre problématique: la surinformation. «Les médias électroniques sont des excellents moyens de s’informer sur l’évolution de la pandémie et d’être à jour sur les mesures prises par les autorités. Mais des expositions prolongées à des informations anxiogènes peuvent mettre notre système d’alerte en suractivité, générant ainsi des états de stress ou d’épuisement.» Selon lui, mieux vaut «choisir un ou deux moments calmes dans la journée et privilégier les sources d’informations officielles». 

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L’aide aux personnes dépendantes

Chez Addiction Neuchâtel, «une grande partie du personnel du domaine ambulatoire fait du télétravail tout en restant mobilisable pour pouvoir, si nécessaire, être engagée dans des activités de terrain», explique François Paccolat, directeur général. Les consultations continuent de se faire par téléphone ou vidéoconférence. L’essentiel est de «garder le lien» avec les patients et de les «soutenir psychologiquement dans cette période déstabilisante», selon Jean-Marie Coste, responsable du domaine ambulatoire.

D’après lui, «ce confinement est une crise dans leur crise. Mais nous observons qu’il s’agit aussi d’une opportunité pour eux de remettre en question leur addiction.» Une accessibilité amoindrie aux produits pourrait aider. Ou faire empirer la situation: «Dans certains cas graves, la personne risque de consommer d’autres produits plus dangereux.»

Les personnes dépendantes peuvent toujours se procurer leur traitement de substitution chez Addiction Neuchâtel. «En cas de confinement complet, nous réfléchissons à des livraisons directement chez les patients», précise François Paccolat. Quant au domaine résidentiel d’Addiction Neuchâtel (les foyers), il continue ses activités en suivant les recommandations de la Confédération et du Canton.

Toutes les informations nécessaires aux personnes ayant besoin d’aide pour vaincre une addiction sont disponibles sur la plateforme cantonale «Gardons le cap».


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