Chroniques du changement
 04.12.2017, 14:30

#4 Les métiers qui font nos médias - Mais qui est Vincent L’Epée?

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Le dessinateur Vincent L'Epée, chez lui, à Neuchâtel.

 04.12.2017, 14:30 #4 Les métiers qui font nos médias - Mais qui est Vincent L’Epée?

Rencontre CHRONIQUES DU CHANGEMENT - Le dessinateur de "L'Express" et "L'Impartial" défend la presse engagée et les voitures vintage. Il nous a reçus dans son antre.

Il croque l’actualité chaque samedi en “der” de votre journal. Vincent L’Epée, 46 ans, nous a accueillis chez lui, sur les hauteurs de Neuchâtel. Autour d'un café, dans le bureau où il peaufine chacun de ses dessins, il s’est confié sur son parcours et ses marottes.

Un dessinateur de presse

S’il a grandi à Neuchâtel, c’est en France, aux Arts décos de Strasbourg, que ce grand fan de Franquin s’est formé au dessin de presse.

Dans la région, "Le Journal du Jura" est le premier, en 1998, à lui donner sa chance.

En 2007, le quotidien adopte la même maquette que "L’Express" et "L’Impartial"... qui en profitent pour lui ouvrir leurs pages.

Au fil des ans, son style s’est affirmé. “Au début, je mettais trop de texte, je prenais le lecteur par la main. J’en faisais trop.”

Vincent dessine aussi pour "Vigousse" et il accepte parfois des commandes d’institutions. Enfin, quand il a le temps...

Un amoureux du papier

Car du temps, il en faut pour chacun de ses dessins publiés dans "L’Express" et "L’Impartial". “Entre six et dix heures”, calcule-t-il.

Il commence par crayonner dans un bloc quelques propositions, qu’il envoie à la rédaction de Neuchâtel. Dès que le choix est arrêté, il dessine au crayon, puis à l’encre de Chine et à l’aquarelle.

Et il est même capable de discuter en crayonnant, ainsi que nous l'avons filmé (voir ci-dessous).


“Je dessine toujours sur du papier, j’aime ça. Puis je scanne le résultat. Je n’utilise le logiciel Photoshop qu’à la fin, pour donner plus de profondeurs aux noirs, et éventuellement pour ajouter un détail, comme un logo sur une vitrine.”

Un prof

“Il faut du temps pour mes mandats et il faut que je gagne ma croûte”, résume-t-il. Comme ses parents qui étaient à la fois peintres et enseignants, il a choisi très tôt de faire des remplacements à l’école, avant de suivre une formation à la HEP.

Titulaire aux Terreaux, à Neuchâtel, il travaille désormais comme prof d’art visuel à 70%, avec un horaire aménagé pour livrer son dessin au journal en fin de semaine.

“Au collège, je suis considéré par certains comme un libre penseur", s’amuse-t-il. "Les enseignants peuvent parfois se montrer très corporatistes. J’avais fait un dessin sur le monde de l'éducation qui n’était pas bien passé. Celui que j’ai fait récemment avec un prof pendu pour évoquer le burn-out a été beaucoup mieux accueilli, forcément...”

Un provocateur

Ne vous fiez pas à son allure de rockeur assagi: Vincent L’Epée le bien nommé (ce n’est pas un pseudo) n’est pas un tendre.

“Si je trouve un dessin trop doux, je ne le soumets pas, j’ai peur du consensus protestant neuchâtelois. On a beau être au bord d’un lac parfois démonté, j’ai le sentiment qu’on n’aime pas trop les vagues.”

Ce qu’il veut, c’est “bousculer” le lecteur, lui arracher un rire. Et il apprécierait que "L'Express" et "L'Impartial" aillent dans ce sens. avec plus de “poil à gratter”, plus d’investigation.

Davantage de proximité aussi. Mais “pas les chats écrasés”, précise-t-il, plutôt l’actu locale avec un certain “goût du risque”. “Sinon", prévient-il, "tout le monde s’informe n’importe où n’importe comment, avec de l’info de surface.”

Un passionné de voitures vintage

France 3 Franche-Comté l’a récemment mis à l’honneur dans un reportage consacré non pas au dessin de presse mais… aux amoureux de voitures vintage (à voir ci-dessous, à 2' environ).


Youngtimers épisode 4

Vincent roule en Renault Super 5 GTE de 1989, la voiture de sa jeunesse, sur laquelle il a appris à conduire. “C’est une version catalysée de la mythique GT turbo française”, précise-t-il en spécialiste.

Sa femme et lui ont également reçu en cadeau de mariage une des dernières 4L produites (en 1990). A son bord, avec leur fille de 4 ans, ils participeront l’été prochain au raid français 4alpes, jusqu’à Menton.

D’ailleurs, vous ne verrez jamais dans ses dessins de modèles automobiles récents: “Pas question de faire de la pub pour les constructeurs.” Et personne ne le fera dévier de sa route...

Photos: Lucas Vuitel.

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