«Zone d'ombre» sans accusé

Affaires criminelles en tous genres, gendarmes et voleurs, avocats et enquêteurs, tribunal et préventive, etc: la société est devenue un immense champ d'investigation par la fiction et la documentation. Sur le petit écran, les séries triomphent, les plus sages aux heures de grande écoute, les plus pointues en deuxième rideau! Le télésériophile est noctambule! «Faites entrer l'accusé « a une fin, qui reste ouverte dans «Zone d'ombre».

30 oct. 2010, 10:45

Souvent avec brio, Christophe Hondelatte fait entrer son accusé du jour par l'étrange lucarne de France 2, avec de nombreuses reprises sur diverses chaînes francophones. L'acccusé est au centre de chaque portrait, pour comprendre qui il est, ce qui ne veut pas dire prendre sa défense. Avec modestie, plus rarement, Daniel Monnat et ses collaborateurs de la TSR, reprennent des affaires dont la solution est restée dans l'ombre. Chez lui, c'est la victime qui occupe le centre des préoccupations, pour trouver éventuellement le chemin vers les zones d'ombre qui sont souvent traduites par des images à dominantes bleu-nuit. Les angles d'approche différents ne permettent pas d'affirmer qu'une série est meilleure que l'autre.

Il est assurément plus facile de trouver un accusé parmi les affaires «spectaculaires» qui secouent les plus de soixante millions d'habitants de la France que de savoir qui en voulait à une victime ayant des liens avec la Suisse, réduite à deux millions d'habitants francophones. «Faites entrer l'accusé» est promis à longue durée alors que «Zone d'ombre» ne sera pas, de loin, éternelle!

Les moyens financiers, qui ont pour conséquence entre autres des durées de travail liées à ces moyens donnent évidemment un avantage à France 2 plutôt qu'à la TSR. Hondelatte recourt à des documents d'actualité, visite les lieux de l'affaire, interroge des témoins, y compris parfois l'accusé, fait le point au moment même du tournage qui se déroule longtemps après les faits.

Les témoins convoqués par Monnat sont réunis dans un seul décor, bleu sombre, avec des emplacements différents, alignés à trois derrière une table, avec un solitaire dans la profondeur du champ, un peu comme peut l'être le dispositif d'un tribunal où les dialogues sont toutefois rares. Le lieu unique devrait permettre, sinon de briser la zone d'ombre, du moins d'en diminuer l'ampleur.

«Faites entrer l'accusé « a une fin, qui reste ouverte dans «Zone d'ombre».

Développement et illustrations sur http://blog.lexpress.ch/retines