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Un bon «alien» est un «alien» mort

24 août 2011, 11:35

Après avoir été un brin sublimé par l'écran géant de la Piazza Grande de Locarno et la présence de ses interprètes Harrison Ford, Daniel Craig et Olivia Wilde (très détendus, au point de n'avoir presque rien à dire), le sixième long métrage de Jon Favreau sort de manière massive sur les écrans romands. Adaptant le roman graphique de Scott Mitchell Rosenberg, le réalisateur de «Iron Man» (2008) avait entre les pattes une proposition cinématographique inédite et plutôt excitante, consistant à apparier le western et la science-fiction, deux genres qui n'avaient jusqu'alors guère frayé ensemble. Malheureusement, la greffe ne prend pas, surtout dans la seconde partie du film.

Nous sommes en l'an de grâce 1875. Le dénommé Jake Lonergan (D. Craig) se réveille en plein désert du Nouveau-Mexique, blessé, sans bottes ni chapeau. Souffrant d'amnésie, il fixe avec un air étonné l'étrange bracelet futuriste qu'il porte au poignet et dont il ne peut se débarrasser. Peu après, malgré son état de grande faiblesse, l'homme arrive à terrasser et détrousser à lui seul une bande de voleurs qui lui cherchait noise, avant de rallier Absolution, une bourgade qui vit sous la coupe du colonel Dolarhyde (H. Ford), un riche éleveur de bétail peu causant. Le climat y est fort peu jouasse, d'autant que certains habitants disparaissent sans laisser de traces, tandis que le bétail trépasse bizarrement. Dans un premier temps, le film entretient habilement le mystère, notamment sur la raison de la présence répétée d'Ella (Olivia Wilde), une jeune femme de caractère, habillée comme une mormone et qui n'a de cesse d'attirer l'attention de Jake. Tout en levant progressivement le voile sur les implications des uns et des autres, Favreau s'amuse de façon très communicative à tirer le portrait grossissant d'un Ouest de légende, avec ses archétypes forgés par un siècle de cinéma, comme le tenancier du saloon, le shérif incorruptible, le petit orphelin admiratif, le pasteur peu orthodoxe ou encore l'indien de rigueur…

Le grand vacarme

Le charme est toutefois rompu par la présence toujours plus invasive des extraterrestres saisis par la fièvre de l'or. Sur leurs drôles d'engins volants, ces créatures monstrueuses se plaisent à ridiculiser les canassons des cow-boys dont ils s'emparent grâce à leurs lassos high-tech. Rassurez-vous, oubliant leurs querelles de voisinage et n'écoutant plus que leur courage, à l'exemple de leurs aïeux du «Train sifflera trois fois» (1952) de Fred Zinnemann, les bons, les brutes et les truands vont faire cause commune (Apaches compris) pour tenter de bouter les aliens hors du territoire étasunien. Partant, le film s'abîme dans le vacarme assourdissant et monotone du classique blockbuster estival, enfilant les morceaux de bravoure comme sur un collier de perles en toc.

De Jon Favreau,  avec Daniel Craig, Harrison Ford, Olivia Wilde, Sam Rockwell...

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