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Trois fantaisies du Moyen Age

Les éditions Dupuis offrent pour la rentrée un tir groupé de fantaisies médiévales très rafraîchissantes. On salue en particulier le retour, après presque vingt ans, de l'adorable Gully.

17 oct. 2008, 07:18

Quoi de commun entre Zarla, Ingmar et Gully, sinon leurs liens plus ou moins forts avec l'imaginaire du Moyen Age? La plus jeune, Zarla, est en même temps la plus téméraire: elle n'hésite jamais à s'attaquer aux pires affreux, heureusement régulièrement désossés par son chien qui se transforme, lorsque Zarla a le dos tourné, en redoutable justicier. Celui qui devrait être le plus cruel, le Viking Ingmar, est en fait un doux rêveur paresseux et malin qui se débrouille, parce qu'il est le fils aîné du chef, pour faire faire tout le sale boulot à son frère cadet, grand, fort et bête. Quant à Gully, «le petit mélancolique» dont les cinq premières aventures avaient paru entre 1985 et 1990 et dont on n'espérait plus le retour…

Ah! Gully, s'il n'en tenait qu'à lui, il passerait toutes ses journées immobile et silencieux à regarder passer la vie.

Les aventures de Zarla sont plaisantes: elles tiennent un peu de l'heroic fantasy amusante, mais manquent tout de même d'imprévu. Et le dessin ne sort pas vraiment des sentiers battus du genre. Ingmar est déjà plus original: graphiquement, il s'apparente aux créatures de Dupuy et Berberian, et le scénariste réussit assez bien à ménager les surprises de façon à ce que chaque épisode nous mène à des rebondissements qui font espérer la suite: l'histoire de «L'élixir de vieillesse», course contre la montre à la recherche d'un antidote devant stopper le processus de vieillissement accéléré du père redevenu enfant, est bien menée et l'univers de la série se révèle attachant.

Mais c'est à Gully que l'on doit réserver le meilleur de notre admiration. Dans des couleurs miraculeuses de fraîcheur, un scénario d'une simplicité biblique et d'une poésie de tous les instants recrée les contes de notre enfance avec juste ce qu'il faut d'ironie (le vilain magicien qui use d'un jargon de manager moderne est irrésistible) pour nous faire apprécier sa morale toute simple: grâce à lui, les autres sont heureux, mais Gully reste «le petit mélancolique». Un petit miracle aussi intemporel que les premiers albums des Schtroumpfs. /ACO

«Zarla 2 - Le dragon blanc», Jean-Louis Janssens (scénario), Guilhem (dessin), éd. Dupuis, 2008; «Ingmar 3 - L'élixir de vieillesse», Hervé Bourhis (scénario), Rudy Spiessert (dessin), éd. Dupuis, 2008; «Gully 6 - Les vengeurs d'injures», Alain Dodier (scénario), Pierre Makyo (dessin), éd. Dupuis, 2008

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