Suivre à la trace les oiseaux migrateurs sur un site web

Un site internet permet de suivre le retour des migrateurs du printemps. Le public peut y enregistrer ses observations. Explications avec le biologiste neuchâtelois François Turrian. Neuf jours après l'arrivée officielle du printemps, c'est le moment de lever le nez: les migrateurs sont de retour! Et l'hirondelle n'est pas la seule espèce «de saison»: la cigogne blanche, le coucou gris et le martinet noir sont eux aussi des messagers des beaux jours.

29 mars 2008, 12:00

L'Association suisse pour la protection des oiseaux (Aspo) invite le public à reporter ses observations sur le site www.springalive.net, qui fourmille d'infos sur les migrateurs, à l'usage des familles et des écoles. Les explications du biologiste neuchâtelois François Turrian, directeur romand de l'Aspo.

A quoi ça sert de recenser le passage des migrateurs?

C'est un bon baromètre pour ces quatre espèces qui sont assez courantes. D'autant que cette action est menée depuis des années dans plus de 30 pays. On a ainsi pu voir que l'arrivée des hirondelles s'est décalée de quelques jours: elles reviennent plus tôt, une conséquence du réchauffement climatique.

Et on fait comment, pour observer les migrateurs?

Pas besoin de se lever avant l'aube! Ce sont des oiseaux assez courants, et actifs en journée. Les cigognes se repèrent de loin, et vont arriver ces prochaines deux semaines. Le coucou, lui, est peu visible. Il se repère surtout à l'oreille: tout le monde connaît son chant. Il arrive fin mars, début avril. L'hirondelle rustique et le martinet noir, eux, se voient près des bâtiments ruraux. Ils se ressemblent un peu, mais l'une se distingue par sa longue queue, et l'autre par sa silhouette en arbalète. Le martinet arrivera en dernier, fin avril.

Ces espèces sont-elles menacées?

Disons que les quatre rencontrent des difficultés. On a noté le plus gros déclin chez le coucou. Il se nourrit de chenilles et a besoin d'un environnement très spécifique, avec des haies et des bosquets.

La cigogne va un peu mieux, mais ses effectifs restent très modestes: autrefois, on en voyait dans chaque village... L'hirondelle souffre du déclin de l'agriculture, car elle ne peut vivre que dans des étables où elle trouve les mouches pour se nourrir. Enfin, ce sont les rénovations de maisons rurales qui menacent le martinet: il a besoin de trouver des petits trous pour nicher sous les toitures.

Vous encouragez aussi les enfants à participer à cette action...

Oui, le site internet est très facile d'utilisation, si bien que les enfants peuvent entrer eux-mêmes les données sur les oiseaux qu'ils ont vus. Puis ils peuvent suivre la progression des oiseaux sur la carte de l'Europe. Le site offre aussi de la documentation à l'usage de classes d'école qui étudient les migrateurs. /AMO-La Liberté

www.springalive.net