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Sean Penn, maître contradicteur

21 mai 2010, 10:27

Quand les Etats-Unis sont entrés en guerre, en 2003, les voix discordantes n'étaient pas nombreuses. Mais il y avait la sienne! Sean Penn s'est rendu en Irak. Il a publié un article en deux parties dans le «San Francisco Chronicle». Pour donner un autre éclairage à ses compatriotes, gavés de manipulations alarmistes. Il n'est donc pas étonnant de retrouver le comédien engagé à l'affiche de «Fair Game», seul film américain retenu dans la compétition cannoise 2010.

A 50 ans, Sean Penn entre de manière crédible dans la peau d'un personnage bien réel: Joseph Wilson, ancien ambassadeur des Etats-Unis au Gabon. A l'époque où sa femme travaillait pour la CIA, Wilson s'était tendu au Niger en service commandé. Objectif: recueillir les preuves d'un vaste trafic d'uranium au bénéfice de l'Irak. Il revint avec un rapport basé sur ses observations et son intime conviction: pas de trafic! La CIA ignora ses conclusions. On connaît la suite… Il y a deux réactions possibles face à «Fair Game». On peut admirer l'exercice de transparence. On salue sans réserve les vertus de la liberté d'expression, dans un pays qui l'inscrit dans sa Constitution et qui la cultive sur tous les supports, presse et cinéma en tête. On applaudit l'appel à la vigilance du public, face aux «preuves» brandies à la télévision pour discréditer les ennemis du jour.

On peut aussi s'irriter d'une impression de déjà vu. On devrait même s'insurger contre la place que le film de Doug Liman nous assigne comme spectateur, dans ce théâtre mondial où chacun joue sa partition: les fabricants d'armes vendent leur camelote, les agents de renseignement renseignent, les politiques ajustent leur discours à la réalité qui les arrange, les militaires obéissent, les victimes enterrent leurs morts, les artistes «engagés» jouent dans des films qui démontrent que l'agression reposait sur des bases faussées. Et le public est invité à applaudir ces confessions «courageuses». Jusqu'à la prochaine abjection justifiée par l'intérêt supérieur de l'Etat et la sécurité de tous...

Le reste de l'actualité du festival en page 32 et sur http://blog.lexpress.ch/cannes10

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