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Réssurrection rock

Le roman qui suinte la fureur rock n'est pas une tradition dans le monde des lettres francophones. Même si, dans le sillage de «Rollings Stones, une biographie» de François Bon (2002), plusieurs titres à l'énergie rebelle et musicale sont apparus notamment dans la collection Naïve Sessions où paraît aujourd'hui «Les doigts écorchés», de Sylvie Robic. On retrouve le style sec, efficace et désabusé de son premier roman, «Une gentille fille», mais Sylvie Robic utilise ici la musique comme une trappe qui permet aux fantômes de resurgir, de s'épanouir, et comme un plaisir trouble, situé dans les marges. Ses phrases squelettiques ressemblent à la musique de Hoogboy, un groupe rock de Sheffield qui va permettre au narrateur de retrouver son amour des concerts, qu'il avait enterré avec son frère à l'adolescence.

18 févr. 2006, 12:00

Comme l'annoncent les premiers mots du récit: «Il y a forcément plusieurs débuts.» L'un d'eux évoque la nostalgie de l'enfance cotonneuse, de ses premières voix: «Ce qu'on est bien. Je fixe la neige au-dehors, je ne bouge pas d'un pouce. Et puis, maman anxieuse penchée sur nous, ses mains caressantes sur nos fronts, sur nos ventres qui gargouillent, le tien ou le mien impossible de savoir, nous formons un seul corps moite. Elle met des disques pour nous distraire, j'entends pour la première fois la voix grave de Nico chanter ?Sunday Morning?.»

Un livre d'initiation et de redécouvertes où l'on croise l'ombre de Maurice Pialat. Peu de pages, des phrases simples mais assez poétiques pour sembler détachées du réel. Le plaisir du lecteur, lui, est réel. / ACA

«Les doigts écorchés», Sylvie Robic, éd. Naïve, 2006

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