Recours à un expert indépendant

25 mars 2008, 12:00

L'affaire des fichiers pédophiles à la Radio suisse romande (RSR) a rebondi ce week-end. Après que le psychiatre Gérard Salem, l'un des experts qui avaient examiné les fichiers, a accusé la radio de l'avoir instrumentalisé, il a été décidé de faire mener une enquête indépendante. Objectif: restaurer la confiance.

Une personnalité externe sera mandatée pour examiner et évaluer ce dossier de 2005 à aujourd'hui. Cette mesure a été prise hier par le conseil d'administration de la Radio télévision suisse romande (RTSR) et le directeur général de SRG SSR idée suisse Armin Walpen, après discussion avec le directeur de la RSR Gérard Tschopp.

Les prises de position et spéculations qui se succèdent alimentent l'intérêt des médias et du public et influent sur le climat interne au point de perturber gravement la direction de la RSR dans l'accomplissement de son travail, peut-on lire sur un communiqué. Elles constituent par ailleurs une menace potentielle pour la réputation de l'entreprise.

Le recours à un expert indépendant n'est pas du tout un désavoeu pour Gérard Tschopp, a estimé Jean-François Roth, président de la RTSR, sur les ondes de la RSR. Le conseil d'administration et la direction générale sont convaincus qu'il a agi jusqu'ici de bonne foi, en voulant bien faire. Mais l'enquête devra dire s'il y a eu des fautes d'appréciations ou de gestion.

L'affaire a rebondi dimanche avec une interview du psychiatre lausannois Gérard Salem, un des trois experts chargés en 2005 d'examiner les fichiers litigieux. Dans «Le Matin Dimanche», il a déclaré que les experts ont été «utilisés de manière abjecte par la RSR». Lorsqu'ils ont été sollicités en 2005, les trois experts n'ont visionné que 25 à 30 photos parmi les 250 à 300 saisies sur l'ordinateur d'un collaborateur de la RSR. «Ça n'avait absolument rien d'une expertise. Nous avons simplement donné un avis amical et informel», indique Gérard Salem. Aucune des photos visionnées par les experts n'avait le moindre caractère pédophile, note-t-il encore.

Fin février 2008, lorsque l'affaire a resurgi, le secrétaire général de la RSR a demandé aux experts une attestation confirmant que les fichiers qu'ils avaient examinés en 2005 n'avaient aucun caractère pédophile. Les trois hommes ont refusé.

La direction de la RSR dément avoir jamais songé à instrumentaliser les trois professionnels. Selon elle, les trois personnes ont eu accès à toutes les photos suspectes.

Les treize images punissables montraient des jeunes filles dont l'âge apparent se situe entre 12 et 14 ans, soit en dessous de la majorité sexuelle fixée à 16 ans. L'enquête doit déterminer si l'employé mis en cause a réellement voulu télécharger ces fichiers pédophiles, condition sine qua non pour une éventuelle condamnation. /ats