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Prince, l'insaisissable "Kid" qui a transformé la pop

Génie de la funk qui aimait brouiller les pistes, Prince a transformé la pop mondiale avec sa personnalité insaisissable.

22 avr. 2016, 09:18
Prince avait enflammé le public lors de la mi-temps du Super Bowl XLI à Miami en 2007.

Prince, mort brutalement jeudi à 57 ans, a transformé la pop mondiale avec sa personnalité insaisissable. Il était un génie de la funk aimant brouiller les pistes, surprendre ses fans et plus encore prendre de court l'industrie musicale.

Ce lutin de moins de un mètre 60, parfois présenté comme un rival de Michael Jackson (ils avaient le même âge), était une "bête de scène", comme l'avaient rappelé ses deux concerts consécutifs en 2014 à Paris.

Un brin "mégalomane" pour certains, mais adoré par des légions de fans, Prince Rogers Nelson, né le 7 juin 1958 à Minneapolis (Minnesota), fils d'un pianiste de jazz et d'une mère chanteuse, était reconnu par tous comme un génie musical.

Après une première tentative pour trouver un label à New York, Prince rencontre à Minneapolis son manager, Owen Husney, qui lui décroche un contrat chez Warner. Biberonné aux musiques de Little Richard, Sly Stone ou Joni Mitchell, Prince publie en 1978, à seulement 19 ans, un premier album, "For You", où la musique noire se fait synthétique.

"Prince" et "Dirty Mind"

Mais c'est avec ses albums suivants, "Prince" (1979), "Dirty Mind" (1980) ou "1999" (1982), que le lutin pop se fait connaître avec une musique vitaminée et des textes volontiers portés sur le sexe.

 

1984 va être sa grande année, avec le film semi-autobiographique "Purple Rain" et surtout sa bande originale, un disque majeur écoulé à plus de 20 millions d'exemplaires. La réponse "pourpre" du "Kid de Minneapolis" au "Thriller" de Michael Jackson, paru 18 mois plus tôt.

"Il aurait pu rester un artiste de funk, simplement un peu connu des amateurs. L'album 'Purple Rain' a tout changé, et l'a fait connaître dans le monde entier", relève Frédéric Goaty, directeur de la rédaction de "Jazz magazine" et auteur d'un dictionnaire sur Prince.

 

Après cet énorme succès, l'artiste crée Paisley Park, un complexe avec studios où il va désormais vivre et enregistrer au sud-ouest de sa ville natale. C'est là qu'il est mort jeudi.

"Je ne me considère pas vraiment comme une superstar. Je vis dans une petite ville et je le ferai toujours", avait-il dit dans une de ses rares interviews télévisées, en 1986 sur MTV.

Pic artistique en 1987

Avec "Sign O'The Times" (1987), il atteint sans doute son pic artistique. Deux ans plus tard, il s'assure de nouveau des ventes très confortables avec la bande originale du film "Batman".

 

 

Mais si cet artiste ultraprolifique continue à régulièrement alimenter ses fans en nouveaux disques, il va ensuite moins faire parler de lui pour ses productions musicales, toujours variées et inspirées, que pour ses changements de nom et ses bisbilles à répétition avec l'industrie musicale. Autant de tentatives pour brouiller les pistes.

En 1992, il signe avec Warner le plus gros contrat de l'histoire de l'industrie du spectacle, mais très vite, il s'estime "l'esclave" de la "major". On le voit alors s'afficher avec le mot "slave" écrit sur la joue. De façon radicale, il abandonne aussi le nom de Prince pour le curieux "Love symbol", entretenant son image androgyne.

Décès de son fils

En 1996, après avoir soldé son contrat, il peut enfin fêter sa "liberté" retrouvée avec un album baptisé "Emancipation". Cette même année est marquée par un drame personnel, la mort de son fils quelques jours seulement après sa naissance.

Prince a repris ensuite son nom de scène et continué à enchaîner les disques malgré la relative indifférence du grand public, restant ce musicien passionné qu'il n'a jamais cessé d'être. Il est ainsi capable de sortir le même jour en septembre 2014 deux albums différents, l'un électro et soul, l'autre rock, pour ses retrouvailles avec Warner. Puis un autre moins d'un an plus tard, diffusé seulement sur un site en septembre 2015, ultime pied-de-nez d'un artiste dont la discographie est par ailleurs absente du streaming.

Mais les tournées, elles, ont continué de créer l'événement avec des concerts pris d'assaut. Tous voulaient voir et revoir le "showman", danseur aux tenues extravagantes et guitariste électrisant.

Ultrasecret dès qu'il s'agissait de parler de lui - il insistait par exemple pour que les journalistes qui le rencontrent viennent sans dictaphone ni calepin - Prince avait annoncé en mars la parution de mémoires. Son éditeur avait prédit qu'elles seraient, en toute logique au regard de sa personnalité, "anticonformistes". 

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