«Plus belle la vie»: mieux que «Heidi»

30 mars 2008, 12:00

«Heidi» résiste mal à l'accumulation de grande gentillesse parfois envahie par la fragilité de l'interprétation et un conformisme sans surprise. Alors voici quelques raisons qui font apprécier «Plus belle la vie» (France 3, du lundi au vendredi à 20h20).

Les personnages de la série de France 3 forment un large éventail d'âge allant de l'adolescence au troisième âge, des apprentis aux retraités en passant par les actifs et les inactifs volontaires ou forcés. Les niveaux différents de formation peuvent provoquer des heurts, qui virent parfois à l'harmonie entre sensibilités et origines d'un peu partout. Le grouillement de ce petit monde dans des lieux différents fait sourire, touche, intéresse, attire la sympathie, énerve. Les personnages évoluent, pas forcément vers le conformisme. On y croit, à ces petites histoires qui deviennent parfois grandes, on croit donc à l'histoire de la société multiculturelle de Marseille sur la voie d'une assimilation pas toujours aisée.

Sur un chantier, trois femmes se trouvent aux postes de responsabilité, la cliente, l'architecte, la responsable des travaux: une allusion par le dialogue permet de le signaler. Ne pas savoir lire peut compliquer une relation amoureuse en provocant complexe ou révolte. Un architecte se transforme durant quelques heures en livreur alors que sa compagne aide un chef de cuisine à préparer le poisson. Une statuette égyptienne pourrait, sait-on jamais, contribuer à interpréter le comportement d'un homme accusé, probablement à tort, d'avoir tué sa femme. Mais le juge qui avait accordé au fils de l'accusé un droit de visite doit y renoncer, sur ordre de sa hiérarchie

Ce sont là des détails, pas anodins, loin de là, tirés d'un seul numéro récent pour montrer la diversité de l'écriture. C'est vif, bien rythmé par des scènes assez nombreuses, dans l'ensemble bien interprété avec léger accent méridional.