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Un adieu chargé d'émotion

27 nov. 2007, 12:00

La famille, les amis et la troupe de Maurice Béjart ont rendu un ultime hommage au chorégraphe franco-suisse hier après-midi à Lausanne. Une cérémonie chargée d'émotion a réuni plusieurs personnalités politiques ou artistiques.

Plus de 400 personnes se sont retrouvées à la salle Métropole, dont des directeurs de ballet, des imprésarios et d'anciens danseurs souvent venus de l'étranger. L'ambassadeur de France en Suisse Jean-Didier Roisin comme le président du Sénat belge Armand De Decker avaient fait le déplacement.

Le président du Comité international olympique Jacques Rogge, le directeur de l'Office fédéral de la culture Jean-Frédéric Jauslin ou le président du Conseil d'Etat vaudois Pascal Broulis étaient présents. Dans l'assistance figuraient l'accordéoniste française Yvette Horner ainsi que Santo Versace, frère du couturier italien assassiné Gianni Versace.

«Les Suisses perdent un ami et un ambassadeur dans le monde», a notamment dit le syndic de Lausanne Daniel Brélaz au début de la cérémonie. La salle a ensuite été plongée longuement dans l'obscurité alors qu'une musique grave et imposante s'élevait. Le grand rideau noir de la scène s'est ouvert, révélant le cercueil de Maurice Béjart sous une lumière crue.

Ami du défunt, le romancier belge François Weyergans a expliqué la raison de cette réunion dans un théâtre. «Sa seule religion était le théâtre qui lui permettait aussi d'accéder au sacré», a-t-il déclaré. Progressivement, l'éclairage a mis en valeur des objets placés de part et d'autre du cercueil, autant de symboles de la destinée de l'illustre chorégraphe.

L'assistance a découvert une copie du fauteuil dans lequel Molière est mort sur scène, un tabouret de cuisine, un costume de clown, une statue de bouddha ayant appartenu à son père ou le fauteuil de scène de la chanteuse française Barbara. «Maurice avait une affection un peu incestueuse avec Barbara», a commenté le romancier.

François Weyergans a révélé que durant ses derniers jours Béjart songeait à un projet de ballet inspiré par Marlène Dietrich et Anton Tchekhov. «La chanson de Marlène Dietrich est la dernière musique qu'il a entendue.»

Sur un écran ont alors été projetées les images du concert de 1972 durant lequel la diva chanta «I Get A Kick Out Of You». D'autres musiques ont été diffusées dont «Casta Diva», interprétée par la Callas, et la «Barcarolle» extraite des Contes d'Hoffmann. Plus tard, les danseurs de la troupe ont chacun déposé une rose devant la scène où étaient déjà disposées plusieurs gerbes et couronnes. L'une d'elle provenait de la reine Elisabeth II d'Angleterre. / ats

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