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Juliette Lewis, une authentique rockeuse à l'énergie débordante

Depuis 2003, l'actrice américaine Juliette Lewis mène aussi une carrière musicale qui force le respect. Samedi dernier, avant sa fougueuse prestation sur la grande scène du Long'I'rock Festival, elle nous invitait à en savoir un peu plus sur sa conception du rock. Et de la vie.

19 mai 2010, 11:02

Juliette Lewis, vous incarnez l'esprit du rock, dans le sens où vous faites ce que vous voulez. Etes-vous l'une des dernières icônes du rock'n'roll?

J'essaie effectivement de faire les choses selon mes propres critères. En tant qu'artiste, la musique est une progression dans l'expression de ma créativité. Mes chansons expriment des états émotionnels variés: je peux écrire dans la joie, dans la douleur, comme dans la rébellion. Le rock n'est pas une chose sale, c'est un mélange de joie et de défiance. Le rock est un joyeux majeur tendu au conformisme ambiant. Sur scène, j'aime l'idée que je suis comme un superhéros dans lequel le public peut puiser de l'énergie. Iggy Pop, mon héros, est l'incarnation même de la joie et du danger du rock'n'roll.

Votre voix et trois accords, c'est tout ce qu'il y a sur «Hard Lovin' Woman», un hymne blues d'anthologie.

J'ai écris cette chanson en dix minutes. C'est une composition où je m'expose. J'avais besoin de crier au monde entier que j'étais malheureuse en amour. Ce blues, qui vient de mes tripes, a été enregistré en une seule prise. C'est une déclaration d'indépendance après une douloureuse séparation.

Qu'avez-vous voulu exprimer sur «Female Persecution», un titre plutôt obscur?

J'y évoque la condition de la femme d'après ce que je peux observer, ici et là, dans nos sociétés. Mais attention, je ne suis pas militante ou séparatiste. Je suis pour l'unité et me décris volontiers comme une féministe qui aime les hommes. D'ailleurs, dans une relation amoureuse, je suis très docile. Mais je ne peux m'empêcher de constater que la plupart des textes religieux conventionnels défavorisent la femme. J'ai travaillé avec des hommes qui ont beaucoup de peine à accepter les conseils d'une femme. Cette chanson est assez sombre et repose volontairement sur trois accords dissonants.

Vous imagineriez-vous vivre sans musique?

Certainement pas! La musique est peut-être la plus pure expression de l'âme. Et elle possède ce côté universel et ancestral qui fait que chacun y est sensible à différents degrés. La musique remonte aux débuts de l'humanité: elle était présente dans les rituels sociaux, les funérailles, les fêtes et les guerres. Au commencement étaient les voix et les percussions.

Le titre du disque, «Terra incognita», fait référence à votre envie d'explorer de nouveaux territoires musicaux. Mais la vie elle-même n'est-elle pas une terre inconnue?

Tout à fait! Ma précédente tournée m'a emmenée à la rencontre des gens en Finlande, en Macédoine, au Brésil, en Islande. C'est tellement enrichissant de découvrir de nouvelles cultures, de nouvelles langues, de se faire de nouveaux amis. La vie, c'est un voyage, parfois inquiétant, vers l'inconnu, vers l'amour. Pour tenter de répondre à la question ultime: est-il préférable de n'avoir jamais connu l'amour, ou de l'avoir connu puis de l'avoir perdu?

Qui êtes-vous, Juliette Lewis?

Sans vouloir verser dans l'autocontemplation, je me définirais comme quelqu'un qui cherche et qui a faim de la vie. Je suis à la fois mélancolique et joyeuse, forte et innocente. Et je suis très facile à vivre. /PVU

Juliette Lewis sera en concert au Greenfield Festival à Interlaken le 13 juin

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