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Le grand écrivain a une furieuse envie de spaghettis

09 sept. 2007, 12:00

Quelques conseils avant de vous rendre ce week-end (ce soir à 20 heures ou demain à 17 heures) au Centre Dürrenmatt pour écouter, sentir, éprouver: «Vallon de l'Ermitage».

Ne laissez - pas votre numéro de téléphone sur le répondeur du compositeur Jonas Kocher, vous risquez de vous retrouver sur son disque de musique expérimentale «BlindeKinder». Renoncez aussi à devenir un génie de la littérature helvétique capable d'écrire des phrases d'une si belle banalité: «Nous bûmes pour la troisième fois trois décis de blanc, puis à la droguerie Schneitter, il acheta pour cinq francs de mastic à bateaux, et nous nous mîmes en route pour la maison qui prenait l'eau.» Le musicien pénétrera dans votre demeure. Pire, il y installera six compères qui produisent des bruits bizarres, les isolera dans le noir et ensemble, ils joueront ce qui pourrait ressembler à de la musique folklorique. On dit même qu'à la fin il vous ressuscitera bizarrement. Peut-être que ceux qui racontent cela manque singulièrement d'humour. Contrairement à Friedrich Dürrenmatt lorsqu'il évoque Neuchâtel: «Pour cette ville, un écrivain suisse alémanique était une aberration en soi. Hohl correspondait à cette représentation, plus que moi.»

Evitez aussi d'inviter cet accordéoniste à votre fête surtout si vous êtes musicien. L'année passée, il créait ce festin inquiétant de sons épars pour vous et maintenant il recommence, il refait. Mais il n'aimait pas tant que ça votre réunion. Aujourd'hui il repense, réécoute, repasse encore des bribes intimes de l'écrivain qui grommelle pour un public large (horreur), il ne leur demande même pas d'entrée, juste d'entrer dans la maison de Friedrich pour écouter son chien ou celui d'un autre. Si vous n'aimez pas les coups de feux et les grands écrivains qui rêvent de spaghettis peu avant leur mort évitez définitivement le concert, sinon... Mais au fait, on parle de quoi? D'un puzzle de musique contemporaine, d'un hommage à un bon vivant, d'haut-parleurs disséminés partout. Et d'un musicien qui lit aussi Romain Gary. Ah bon? / aca

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