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La TSR s'inquiète de l'avenir de TV5

02 sept. 2007, 12:00

La TSR se pose des questions sur l'avenir de TV5, la chaîne francophone internationale dont elle est actionnaire aux côtés des Belges, des Canadiens et surtout des Français. Car ces derniers, leur nouveau président Nicolas Sarkozy en tête, considèrent surtout TV5 comme une des voix télévisuelles de la France à l'étranger.

Le locataire de l'Elysée a ainsi chargé hier son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, de réfléchir à une réorganisation de ce qu'il appelle «la politique audiovisuelle publique», soit à un regroupement des forces de TV5, de France24 (la chaîne d'info internationale voulue par Jacques Chirac) et de Radio France Internationale (RFI).

Est-ce une coïncidence? La lettre de mission de Sarkozy a été rendue publique hier, au lendemain d'une réunion au sommet des actionnaires de TV5. Durant cette réunion, qui s'est tenue à Bienne, les Suisses, les Belges et les Canadiens ont expliqué à leurs partenaires français qu'ils n'apprécieraient pas vraiment de voir la chaîne francophone transformée en simple porte-parole internationale de l'Elysée et du Quai d'Orsay, le Ministère français des affaires étrangères.

«TV5 n'a de sens que si elle reste multilatérale et non centrée sur l'Hexagone», insiste le directeur de la TSR, Gilles Marchand. «Il est donc exclu que l'on accepte un regroupement avec France24 ou RFI comme le souhaitent Sarkozy et Kouchner.» Le patron de la TSR rappelle que la Suisse contribue financièrement aux comptes de TV5, comme les Belges et les Canadiens d'ailleurs, à hauteur de près de 8 millions de francs suisses par an.

Pour Gilles Marchand, la présence régulière des émissions de la TSR dans la grille des programmes de TV5 offre de magnifiques opportunités: «Outre nos grandes émissions d'information, nous avons obtenu que TV5 diffuse le 19:30 avant minuit. Et nous préparons en commun une grande émission consacrée aux élections fédérales et présentée sur TV5 par Romaine Jean et un journaliste de la chaîne francophone.»

A Bruxelles, la ministre de la Culture et de l'audiovisuel de la Communauté française de Belgique a également tiré la sonnette d'alarme jeudi soir. Si Fadila Laanan affirme qu'elle soutiendra «des rapprochements entre des opérateurs audiovisuels de service public francophones», elle manifeste son opposition «à toute initiative qui altérerait la diversité culturelle de TV5 et la crédibilité de son information.» La ministre belge a d'ailleurs écrit une lettre pour rappeler la position des francophones belges à Bernard Kouchner. / nwi

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