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La Suisse chasse les cerveaux et soigne son image

Aux Etats-Unis, la Suisse se présente comme un pays «high-tech». L'ambition est d'augmenter encore plus le nombre de sociétés, d'étudiants et de professeurs américains en Suisse. Avec ThinkSwiss, une campagne de promotion lancée lundi aux Etats-Unis, la Suisse veut imposer l'image d'un pays à l'avant-garde de la recherche et de l'innovation. La science et la technologie helvétiques manquent de dizaines de milliers de chercheurs, professeurs et travailleurs très qualifiés. Où les trouver? Aux Etats-Unis, répond sans hésiter Christoph von Arb, responsable de l'opération Think Swiss et chef de poste du Consulat scientifique de Suisse à Boston.

21 avr. 2007, 12:00

«C'est la plus grande concentration de cerveaux du monde, ils y viennent de tous les pays!», ajoute-t-il. Christoph von Arb évoque un exemple, tout proche de lui. «Le Grand Boston - une aire géographique comparable à la région Genève-Lausanne - compte 50 universités, 40 000 professeurs et 300 000 étudiants! C'est phénoménal!»

Ce n'est donc pas par hasard que la Suisse a choisi cette ville du Massachusetts pour implanter en 2000 son premier consulat scientifique américain, Share. Puis un deuxième - Swissnex - en 2003 à San Francisco, dans cet autre gigantesque pôle de recherche et de technologie qu'est la Californie.

«Cette campagne nous permet de sortir pour la première fois de nos deux régions habituelles, se réjouit Christoph von Arb. Nous allons pouvoir toucher un public bien plus large.» Dotée d'un budget de 900 000 francs (sans compter le sponsoring privé), ThinkSwiss aura chapeauté une trentaine d'événements d'ici la fin de l'année. Dont le 300e anniversaire du mathématicien helvétique Leonard Euler, des conférences, rencontres et expositions sur la longévité, le réchauffement climatique, la finance ou encore la robotique.

Le but avoué? Changer ce que les Américains pensent de la Suisse, rien de moins. «L'image est positive, mais c'est trop souvent celle de la tradition - coucous, fromage... - et pas celle d'un coin du monde où l'innovation bouillonne et étincelle! Nous voulons imposer un nouveau cliché!» Les événements organisés mettent ainsi l'accent sur «une Suisse high-tech, à l'avant-garde». ThinkSwiss, pourtant, espère être bien davantage qu'un éphémère feu d'artifice. Pour que la Suisse «reste en tête de liste» des étudiants, professeurs ou entrepreneurs américains songeant à venir en Europe, il faut «répéter, encore et encore» le message. «Si vous arrêtez, vous disparaissez, d'autres pays prennent votre place.»

Là encore, ThinkSwiss devrait jouer un rôle de catalyseur. «Nous allons assurer un suivi de toutes les rencontres organisées, de tous les projets menés en commun», promet Christoph von Arb. Et le biologiste de formation précise: «Il faut connecter ces cerveaux avec ceux des pôles Zurich-Bâle, Genève-Lausanne, du Mitteland et du Tessin.» Les efforts de promotion menés depuis quelques années aux Etats-Unis semblent déjà commencer à porter leurs fruits. Bon nombre des 650 compagnies américaines installées en Suisse sont du secteur high-tech. Le géant Google, arrivé en 2004 à Zurich, en est un des derniers spectaculaires exemples. Alors, la Suisse peut-elle devenir le Massachusetts de l'Europe? Christoph von Arb raconte que le président des recteurs d'universités autrichiennes s'en est alarmé dernièrement. «C'est un joli compliment pour notre pays, je trouve. Non?» / NHU-ats

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