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La mécanique de la nostalgie

25 août 2011, 09:19

En guise d'ouverture du 14e festival des Jardins musicaux mercredi à Cernier, Valentin Raymond et Maryse Fuhrmann nous ont offert un concert baigné dans la lumière de l'Italie.

En cinq extraits d'opéra, le génie mélodique de Giacomo Puccini s'exprime dans toute sa splendeur: les soprani Sonya Yoncheva, Svetlana Kolianova et le ténor Bernard Richter enchaînent des soli et des duos de toute beauté. L'interprétation vocale et orchestrale magnifie ce que le compositeur italien a toujours voulu dépeindre: le trouble, la force et l'intensité des sentiments amoureux dans l'horizon de la finitude humaine. Le Concerto pour boîte à musique de Jacques Henry et Victor Cordero met en scène un dispositif de pure mécanique sonore. Une mécanique subtile, soumise aux lois implacables d'une physique devenue esthétique. Intégrée à même l'orchestre, la boîte à musique construite par Martial Cuendet fait office d'instrument soliste sur lequel se règlent les autres musiciens. Par instants, comme par mimétisme, l'écriture concertante transforme le timbre des instruments traditionnels en de purs objets sonores.

Le concert s'achève sur «La Strada», suite orchestrale écrite par Nino Rota en 1966. Indissociable de l'univers fellinien, la musique devient tour à tour grave, tragique, comique ou burlesque. La plupart des thèmes joués nous sont connus: ils révèlent l'esprit d'une époque historique, suggèrent des images sensorielles qui toutes invitent à savourer une bienheureuse nostalgie.

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