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Gergiev, loin de la routine

Parce qu'il s'agit d'une période troublée de l'histoire contemporaine, on aurait tendance à placer la production des compositeurs d'URSS dans la même orientation. L'interprétation de la 9e symphonie de Dimitri Chostakovitch, par l'Orchestre philharmonique de Vienne, dirigé par Valery Gergiev, dimanche au Festival de Lucerne, apporte une révision de ce sentiment. Qu'est-ce que l'Union des compositeurs d'URSS avait à reprocher à cette symphonie, à son créateur? L'immensité de son talent qui a fait de lui la victime désignée de la bureaucratie soviétique

13 sept. 2006, 12:00

La «symphonie No 9», créée le 3 novembre 1945 à Léningrad, est une oeuvre aboutie, cohérente, une partition qui ne commente aucun événement mais semble au contraire vouloir se détacher de l'actualité.

Valery Gergiev la dirige comme une symphonie de Haydn, avec une précision scrupuleuse, une évidence si convaincante qu'on reçoit cette oeuvre en plein coeur comme un moment de musique absolue. Gergiev se fait psychanalyste, il perpétue une présence dramatique. Il maintient la riche et profonde sonorité de l'orchestre, il compose une peinture dont la moindre nuance de couleur sera chargée d'une vie propre.

Auparavant Gergiev a conduit l'«Ouverture op 52» de Schumann, pages que l'orchestre a jouées souvent sous la direction d'autres chefs, sans doute. Pour Gergiev, la tradition n'est pas la routine. Il entraîne l'orchestre dans les tréfonds de la partition, il doit persuader les musiciens, retenus qu'ils sont dans l'habitude.

L'exécution par Martin Helmchen du «concerto pour piano et orchestre op 54» de Schumann, la personnalité, révélatrice de l'imagination vertigineuse, du jeune berlinois dans une telle partition, ont soulevé l'auditoire d'admiration. Chef, soliste et orchestre, ont été de connivence. / DDC

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