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Feist, l'affranchie

06 oct. 2011, 10:45

«Metals», paru lundi dernier, est un des disques les plus réussis de la rentrée. Pourtant, ce troisième album de Feist a bien failli ne jamais voir le jour. «J'avais besoin d'une nouvelle vie», explique-t-elle calmement pour justifier son long congé sabbatique.

Avec le triomphal «The Reminder», en 2007 (un million d'unités vendues), la Canadienne avait accédé à une popularité inédite pour elle. Utilisée dans une campagne de publicité pour un lecteur MP3, la chanson «1234» menaçait de la réduire à une chanteuse pop de plus. Ce que démentent avec un bel aplomb les climats plus rugueux de ses nouveaux titres. «Je n'ai pas fait ce disque en réaction au précédent», se défend-elle.

Un impressionnant aggiornamento

Après avoir été sur la route sans discontinuer pendant près de huit années, la jeune femme a fait une pause de plus d'un an. «J'ai passé du temps à tout faire sauf à penser à la musique», dit-elle. «J'étais contente de ne pas changer de ville tous les jours, de m'occuper des chiens, de faire du jardinage. C'était comme de longues vacances.»

Lorsqu'elle s'est finalement remise à l'écriture, les nouvelles compositions ont jailli rapidement. «Personne ne m'attendait plus: certains avaient accepté que mon absence puisse durer cinq ans, voire toujours…»

C'est dans le cadre idyllique de Big Sur, en Californie, qui a déjà nourri l'inspiration d'auteurs comme Jack Kerouac ou Henry Miller, que Feist a orchestré ce retour, accompagnée par son équipe habituelle. Elle a pourtant procédé à un impressionnant aggiornamento. «Ma motivation était de sortir ce disque rapidement et de partir sur la route dans la foulée.» En studio, elle s'est appuyée sur l'expertise de ses amis Gonzales et Mocky, avec lesquels elle travaille depuis une dizaine d'années. «L'avantage de travailler avec eux, c'est qu'il n'y a jamais de conflits d'ego entre nous. Et, paradoxalement, il me semblait judicieux de partir dans une nouvelle direction avec des gens avec qui j'ai l'habitude de créer.»

Ecrit à l'automne dernier, arrangé en janvier, enregistré en février, l'album a ensuite été mixé cet été, à Paris, par Renaud Létang, autre collaborateur régulier. «J'ai lu une interview de Neil Young dans laquelle il expliquait que plus un disque est enregistré dans les conditions live, plus le mixage est crucial», explique Feist. «C'est exactement ce que nous avons expérimenté avec ces chansons.» Très impliquée dans la production de ses disques, Feist est autant intéressée par leur confection que par le résultat lui-même. «Sur chaque titre, les musiciens et moi avons veillé à aller dans la même direction tout en empruntant des chemins différents.»

Sur la route, elle sera accompagnée par une nouvelle équipe. «On décide de tout avec Gonzales et Mocky et, ensuite, ils me laissent vivre les choses seule. Ils sont un peu comme des parrains.» La grande réussite de «Metals» tient en partie à son travail soigné sur les parties vocales, que Feist a superposées. Afin de reproduire ces harmonies, elle a choisi de partir en tournée avec le trio vocal féminin Mountain Man. «Je ne suis jamais partie sur la route avec trois chanteuses. Elles ont accepté de mettre leur projet entre parenthèses une année afin de m'accompagner.» Une autre forme d'évasion pour une chanteuse qui n'a jamais semblé aussi affranchie.

Le CD: «Metals», Feist, Polydor/Universal, 2011.

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