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Des danseurs très nature

«Iwant to go home!» On comprend d'autant mieux ce que la danseuse a voulu dire, alors qu'un requin venait de l'avaler toute crue, samedi soir au théâtre de L'Heure bleue à La Chaux-de-Fonds!

23 janv. 2006, 12:00

Le chorégraphe Guilherme Botelho, de la Cie Alias, se passionne pour l'eau et pour la psychothérapie. Etonnante confrontation. Les scènes se développent tantôt au bord de l'océan sur une musique hollywoodienne, où l'on se sent bien, où tout semble fluide et léger, et tantôt dans le cabinet d'un psychothérapeute. Résultat des courses: des situations névrotiques où le style grand- guignol flirte avec le rire. Déshabiller une fille avec un couteau et une fourchette, tout en parlant italien, on n'est pas loin du surréalisme de Dada. Que ce soit dans le genre léger, dans l'horreur ou le rire, les mouvements en duos, en groupes ou en solos, sont toujours placés dans la complexité du geste, acrobatique, où chaque pas, chaque instant, est fixé, au risque de tomber dans l'eau ou de la table du praticien. Botelho a développé tout un vocabulaire de mouvements à partir des membres de la compagnie Alias, en l'occurrence six individualités: Sofia Dias, Anne Delahaye, Corinne Rochet, Gilles Baron, Fabio Bergamaschi, Vitor Roriz.

Poisson fluide

La relation entre la musique et la danse est importante à l'oreille du chorégraphe. Pour accompagner l'extraordinaire fluidité du poisson, tiré brusquement de l'eau - plus exactement des rangs du public où il était caché - par la ligne d'un pêcheur inexpérimenté, Botelho a retenu des extraits d'une symphonie de Beethoven, sans doute pour l'élan que la musique génère, pour l'envoûtement que celle-ci crée. Un puissant effet émotionnel est généré par la distance qui se crée entre le sujet aquatique et la musique apportant un supplément d'intensité au jeu envoûtant de la danseuse. /DDC

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