Votre publicité ici avec IMPACT_medias

Bienséance british en berne

21 sept. 2007, 12:00

Elles sont en effet assez joyeuses ces funérailles, jugez plutôt? Avec une verve retrouvée, le cinéaste britannique Frank Oz narre les infortunes mortuaires d'une famille honorable en état de décomposition avancée. Dans une riante campagne anglaise, Daniel (Matthew MacFadyen) et Robert (Kris Marshall) enterrent leur vieux père. Cet événement malheureux a le don de réunir la famille et les proches, à commencer par les deux frères précités, dont l'un jalouse férocement le succès littéraire de l'autre. Selon la coutume, ce genre de retrouvailles forcées a surtout pour effet secondaire de cristalliser moult aigreurs, frustrations et mésententes.

Après avoir retrouvé le bon cadavre, les pompes funèbres s'activent pour donner tout l'éclat voulu aux obsèques du patriarche. Les incidents grotesques se multiplient et l'inhumation grandiose ne tarde pas à tourner en farce généralisée? Surgi de nulle part, un nain menace de révéler un secret terriblement gênant pour la famille. Le fiancé potentiel de la cousine Martha (Daisy Donovan) gobe par erreur une pilule hallucinogène dont les vertus libératrices se manifestent au pire moment. Un grand-père incontinent marque un peu trop son territoire, j'en passe et des meilleures!

L'impertinence du cinéaste fait plaisir à voir. On le sent littéralement jubiler à l'idée d'enchaîner sans aucun souci de bienséance les accrocs les plus scabreux, donnant de la soi-disant bonne société britannique une image plutôt piteuse. Ce véritable jeu de massacre fera les délices du spectateur, pour peu que celui-ci fasse abstraction de son absence totale de mise en scène. Cet allant iconoclaste peut s'expliquer. Après avoir créé avec le regretté Jim Henson le mythique et sarcastique Muppet Show au début des années septante, Oz a cédé aux sirènes hollywoodiennes et quitté la verte Albion. Hormis «Dark Crystal» (1982), un film de marionnettes parfois impressionnant, l'exilé volontaire a dû se couler dans le moule lénifiant de la comédie américaine. Revenu au bercail, il a pu enfin se lâcher! / vad

Votre publicité ici avec IMPACT_medias