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A Ramallah, une veuve se bat pour ses filles

Neuchâteloise de 23 ans, de père Palestinien, Kifah Yacoub s'est rendu en Palestine cet été. C'est dans une petite boutique de broderie, qui vend des robes et des décorations de mille et une couleurs, dans la ville de Ramallah, qu'elle a rencontré Om Sawsan. Entretien avec une femme pleine de courage. Cet été, à Ramallah en Palestine, nous avons rencontré Om Sawsan. Elle travaille dans une petite boutique de broderie qui vend des robes et des décorations. Veuve et mère de deux filles de 7 et 5 ans, elle se bat tous les jours pour nourrir et éduquer ses enfants.

13 sept. 2007, 12:00

Comment ont commencé vos problèmes?

Après le décès de mon mari, il y a quatre ans, ma belle-famille m'a mise à la porte avec mes filles. Je me suis alors dirigée vers une association d'habitation pour orphelins où je vis encore aujourd'hui avec Sawsan et Sana. Mes filles n'ont que moi et je travaille dur pour leur apporter le minimum, c'est-à-dire manger, s'habiller et aller à l'école. N'ayant pas fini ma scolarité, la garderie, la vente de vêtements et la broderie sont les seuls métiers que j'ai pu pratiquer, c'est pourquoi les hautes études sont l'avenir que je vise pour mes filles.

Dans quelles conditions vivez-vous?

L'état psychologique de mon aînée a été durant une période au plus bas, car nous vivons dans une atmosphère très peu familiale et où il n'y a pas de place pour l'intimité. La chambre, tout comme la cuisine, est partagée avec les autres orphelins. Depuis que je l'ai envoyée dans un camp d'été, Sawsan va mieux, mais continue à se sentir différente de ses copines de classe.

En quel sens la situation politique influence-t-elle votre condition?

Avec la construction du mur et les barrages, les associations humanitaires ont bien plus de peine à se déplacer et donc nous avons beaucoup moins d'aide. Les bénéfices de la boutique ont aussi diminué ce qui a été répercuté sur mon salaire. Il y a moins de clients car les habitants des villes et villages aux alentours ne se dirigent plus vers Ramallah.

Quel est l'évènement qui vous a le plus marqué?

Je n'oublierai jamais lorsque j'ai accouché de ma fille Sana. C'était durant l'invasion israélienne de 2002. J'ai tout juste pu atteindre l'hôpital où l'on m'a fait une césarienne puis j'ai dû sortir le lendemain, seule avec mon bébé dans les bras, car il fallait faire de la place tellement il y avait de blessés.

J'ai jeté toutes mes affaires afin de garder assez de force pour porter mon enfant et marcher, malgré le couvre-feu, jusque chez moi. Heureusement après avoir traversé deux barrages j'ai rencontré des gens en voiture qui ont pu me ramener à la maison.

Comment imaginez-vous l'avenir?

Je fais tout pour que mes filles puissent faire de hautes études afin qu'elles assurent leur avenir. Moi je n'ai étudié que jusqu'à la 7e année et si j'avais continué une formation j'aurais pu avoir un meilleur emploi et une situation plus facile.

Je garde espoir pour un lendemain meilleur et prie pour que la paix s'instaure enfin. Notre peuple veut pouvoir vivre et éduquer ses enfants dans le calme et la sérénité. Ne plus avoir peur. /KYA

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