Coronavirus: les cliniques privées neuchâteloises vont collaborer avec l’hôpital public

C’est l’union sacrée dans le domaine de la santé. Face au coronavirus, les cliniques privées du canton proposent leurs services au Réseau hospitalier neuchâtelois. Une collaboration étroite est en train de se mettre en place, en particulier pour les respirateurs artificiels.

18 mars 2020, 18:50
Privés ou publics, les hôpitaux neuchâtelois s'allient pour gérer les besoins sanitaires du canton face au Covid-19, notamment en matière de respirateurs artificiels.

Une collaboration étroite est en train de se mettre en place entre les différents acteurs hospitaliers du canton de Neuchâtel. Les secteurs public et privé vont se retrouver ce jeudi matin pour affiner la mise en commun de leurs moyens, tant en termes de personnel que de moyens techniques, afin d’affronter plus efficacement l’épidémie de coronavirus. Plus particulièrement en ce qui concerne les respirateurs artificiels et la gestion des urgences.

Les directions des deux hôpitaux neuchâtelois du groupe Swiss Medical Network (SMN), la Providence et Montbrillant, et de la Clinique Volta à La Chaux-de-Fonds, ont d’ores et déjà annoncé qu’elles se tenaient à la disposition des autorités sanitaires cantonales et du Réseau hospitalier neuchâtelois (RHNE). 

Cette position correspond d’ailleurs à la volonté même des autorités politiques, à Neuchâtel comme dans les autres cantons. Le ministre neuchâtelois de la santé Laurent Kurth l’avait annoncé vendredi dernier en expliquant que les autorités étaient prêtes à réquisitionner les moyens des structures hospitalières privées.

L’exemple tessinois

Directrice de la communication de Swiss Medical Network, Zeynep Ersan Berdoz insiste sur le fait que SMN «fait bloc avec la Confédération et les autorités cantonales». Elle évoque le cas tessinois, où les deux cliniques luganaises du groupe sont pleinement intégrées dans le dispositif sanitaire cantonal face au coronavirus. «Ce que les hôpitaux tessinois vivent actuellement risque de se retrouver dans d’autres cantons, notamment à Neuchâtel», ajoute-t-elle. «Nous avons donc un peu d’expérience en la matière.»

Directeur de la clinique Volta à La Chaux-de-Fonds, ainsi que de la permanence médicale du même nom et de la société spécialisée Fly Anesthesia, Pascal Locatelli indique que la clinique a annulé toutes les opérations qui étaient prévues ces prochains jours. «Quant aux médecins et infirmiers de Fly Anesthesia, ils sont prêts à intervenir avec leur matériel pour des cas de Covid-19 dès qu’on les sollicite.»

Respirateurs artificiels

Pour traiter les malades du Covid-19 qui sont en soins intensifs, les hôpitaux ont en effet besoin de respirateurs artificiels, des appareils également utilisés lors des anesthésies générales. En Italie, le manque d’appareils de ce genre a provoqué la mort de nombreuses personnes. Dans le canton de Neuchâtel, le RHNE dispose d’une quarantaine d’appareils, alors que la Providence en a une quinzaine et la société Fly Anesthesia, qui intervient sur toute la Suisse romande, une vingtaine dont trois à La Chaux-de-Fonds.

Si le nombre de machines devrait en principe suffire pour le canton, Pascal Locatelli remarque que le problème principal réside dans la difficulté de trouver le matériel qui va avec: filtres, tubes, tuyaux et masques faciaux. «Sans oublier le personnel, médecins et infirmières, qui sait utiliser ce genre d’appareil», explique-t-il. La réunion de jeudi matin des acteurs privés et publics devrait donc notamment porter sur ce sujet.

De toute façon, il est clair que les cas graves de Covid-19 continueront d’être centralisés aux soins intensifs du RHNE à l’hôpital Pourtalès à Neuchâtel. Actuellement, ce secteur dispose de huit lits. Mais il devrait bientôt en avoir 30 ou 35 pour faire face à l’afflux annoncé de cas. Un des blocs opératoires a ainsi été adapté pour se transformer en salle de soins intensifs.

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