Une pub excite les esprits

Prudence des autorités sur les affiches placardées dans la région Les affiches vantant l'ouverture d'un magasin érotique en terre soleuroise, placardées dans la région, avaient interpellé une partie de l'opinion publique. Le député prévôtois du PDC Christian Vaquin s'en était aussi préoccupé: «Ces affiches, qui exhibent une paire de fesses féminines, suscitent des réactions au sein de la population quand elles ne déconcentrent pas les automobilistes», avait-il déploré dans une interpellation déposée en octobre dernier.

08 févr. 2006, 12:00

Dans sa réponse, le gouvernement note que la publicité sur la voie publique est régie par deux ordonnances, l'une fédérale, l'autre cantonale. Toujours est-il que l'octroi des autorisations de réclame relève de la compétence des communes.

Règles précises

Quant à l'industrie publicitaire, elle pratique l'autocontrôle par l'intermédiaire de la Commission suisse pour la loyauté. En matière de discrimination sexuelle, cette commission possède une règle précise: «Une publicité qui discrimine l'un des sexes, en attentant à la dignité de la femme ou de l'homme, n'est pas admissible». Est notamment à considérer comme sexiste toute publicité dans laquelle une personne de l'un ou l'autre sexe est présentée comme un objet de soumission ou d'asservissement; est avilie par les images, les mots ou les sons; n'est pas respectée d'autant plus qu'elle est à l'âge d'enfant ou d'adolescent.

La règle contrôle également si une personne est dégradée de façon sexiste, notamment du fait qu'il n'existe pas de rapport naturel entre elle et l'objet même de la publicité ou qu'elle sert uniquement d'accroche visuelle. Dans ce cas précis, le rapport naturel est manifeste. Les autorités relèvent néanmoins que, même dans ce contexte, il est inadmissible de porter atteinte à la dignité de la femme ou de l'homme.

Plainte jurassienne

Mais était-ce vraiment le cas? Le gouvernement mentionne que le Bureau de l'égalité entre femmes et hommes du canton du Jura a porté plainte auprès de la Commission suisse pour la loyauté. «La décision qui lui sera communiquée indiquera si l'affiche et les principes de loyauté dans la communication commerciale sont conciliables», conclut-il, un rien prudent. / PAB-Journal du Jura