Une jeunesse qui demande à participer

Une soixantaine de personnes ont participé hier à Tramelan au premier forum interjurassien consacré à la jeunesse. Pierre Maudet a livré quelques pistes pour que la participation des jeunes à la chose publique fonctionne.
25 avr. 2009, 04:15

Le costume de guest star, ou plutôt d'invité vedette, était porté hier par Pierre Maudet. Ce n'est pas le membre de l'exécutif de la ville de Genève qui est venu parler au CIP (Centre interrégional de perfectionnement), mais bien le président de la commission fédérale de l'enfance et de la jeunesse. Un organe composé de 20 personnes, qui se consacre à deux tâches principales: se prononcer sur des lois ayant un impact sur les jeunes et attirer l'attention des autorités et de la population sur les préoccupations des jeunes. Lors de ce premier forum Jeunesse interjurassien, le Genevois de 31 ans s'est exprimé devant un parterre constitué essentiellement d'adultes de tous horizons (élus, professionnels ou privés). Une dizaine d'ados, dont plusieurs membres du parlement des jeunes de Moutier, avaient également fait le déplacement.

Selon Pierre Maudet, la participation des jeunes ne va pas encore de soi, bien que des progrès aient été accomplis: «Considérés comme des objets à protéger dans les années 1960, les jeunes sont devenus un marché dans les années 1980. Aujourd'hui, ils sont des sujets qui veulent participer.» Jean-Marc Veya, chef du service de l'action sociale pour le canton du Jura, le reconnaît: «Il faut mieux intégrer les enfants et les jeunes dans les processus décisionnels». Pour qu'une participation des jeunes à la chose publique fonctionne, Pierre Maudet pose trois conditions: «Pour participer, il faut être deux, ce qui nécessite un intérêt des autorités. Ensuite, participer suppose une prise de risques. Car les élus peuvent être contestés par les jeunes. Finalement, il faut laisser les clichés au vestiaire, car les jeunes sont trop souvent associés à une image négative.»

Ce forum a également permis de présenter quelques concrétisations en matière de politique de la jeunesse. Les projets les plus symboliques sont certainement les deux parlements des jeunes qui ont vu le jour l'an dernier dans le canton du Jura et à Moutier. Dans la cité prévôtoise, le parlement est né d'une journée «Jeunesse impliquée» mise sur pied par l'association Infoclic. Le concept est très simple: des jeunes et des adultes se réunissent pour discuter et élaborer des projets. Avis aux communes intéressées…

Joanna Eyer, déléguée interjurassienne à la jeunesse et initiatrice de cette journée, se dit satisfaite de cette première, tout en reconnaissant que la date coïncidait malheureusement avec d'autres événements. Mais les absents pourront se rattraper l'an prochain, puisqu'un forum du même genre - avec d'autres thèmes - devrait désormais être organisé chaque année. /MBA