Une foule de données et chiffres passée au crible

10 avr. 2007, 12:00

Evolution de la population, marché de l'emploi, évolution des prix, des salaires, des secteurs économiques, structure économique, commerce extérieur, fiscalité, marché immobilier, développement des régions: dans son rapport sur la situation économique 2007, qu'il vient de publier, le beco Economie bernoise a passé au crible une foule de données et de chiffres qui permettent de brosser un portrait de la santé de l'économie du canton. En préambule, le beco souligne que, si celle-ci est largement tributaire de la situation conjoncturelle nationale et internationale, les facteurs régionaux jouent aussi un rôle important.

Ces dix dernières années, la population (950 000 habitants) a certes légèrement augmenté, mais moins que la moyenne suisse. Le beco souligne que cette tendance est perceptible depuis les années 1950 et que cela ne devrait pas changer à vues humaines, à en croire les prévisions de l'Office fédéral de la statistique. Conséquence: le canton compte toujours plus de personnes âgées, alors que les plus jeunes sont sous-représentés.

S'agissant de la croissance économique, elle suit la moyenne nationale, à cela près qu'elle est légèrement inférieure en période de haute conjoncture, et légèrement supérieure en cas de ralentissement. Quant à la performance économique (PIB par habitant) et la productivité (PIB par actif), elles se situent en dessous du niveau suisse.

Il en va de même pour le revenu cantonal, même si la croissance supérieure à la moyenne au cours de ces dernières années a permis de réduire cette différence de niveau. Une différence qui s'explique par la structure des branches économiques, constate le beco. Dans le canton de Berne, l'agriculture et le service public sont en effet surreprésentés (respectivement 6% et 25%), alors que des branches à forte valeur ajoutée comme la chimie ou la finance y sont moins nombreuses. Mais en période de basse conjoncture, cette structure économique permet d'amortir les chocs, le secteur public n'étant guère sensible aux aléas conjoncturels. De ce fait, relève le beco, «le canton de Berne connaît un taux de chômage relativement bas, inférieur environ d'un point par rapport à la moyenne suisse». En 2006, il était d'environ 2,5%, contre 3,3% en moyenne suisse.

Si Berne compte de nombreuses entreprises compétitives, sa dynamique économique reste néanmoins inférieure à celle des autres cantons, si l'on observe le nombre de nouvelles inscriptions au registre du commerce et le nombre de faillites.

Le beco constate aussi que la politique des clusters est payante. Aujourd'hui, un quart de la population active travaille dans les six branches d'avenir, à forte valeur ajoutée, que sont la télématique, le génie médical, l'industrie de précision, la technologie environnementale et énergétique, le design et le conseil à l'économie. Et de souligner que ces clusters génèrent un tiers de la valeur ajoutée cantonale.

Dans le domaine fiscal, le beco relève que le canton est avantageux pour les entreprises (7e rang en 2005). Pour les personnes physiques, en revanche, il reste à la traîne, même s'il a passé du 24e rang en 2000, au 16e en 2005. Enfin, il observe que, grâce aux nombreuses mesures d'économie, le canton affiche des comptes positifs depuis 1998, ce qui lui permet d'assainir progressivement sa lourde dette. /pou