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Un calendrier un brin coquin conjugué au masculin

Sus au sexisme rural. Après les femmes, au tour de ces messieurs de se dévêtir pour leur premier calendrier érotique. Un projet qui ne laisse pas de marbre les agriculteurs de la région. Alors, sexy ou pudiques, nos paysans? Tour d'horizon. Après le succès du calendrier féminin un brin coquin, les éditeurs vont tenter l'aventure au masculin. Comme les rugbymen, les pompiers ou les footballeurs, les jeunes agriculteurs les plus grivois poseront à leur tour dans toutes les positions: entre vaches et cochons, sur un tracteur, dans les champs ou à l'écurie. Pour votre plus grand bonheur, Mesdames. Qu'ils soient pudiques et réservés ou hardis et prêts à dévoiler leur sex-appeal, les jeunes agriculteurs du Jura bernois ne restent pas indifférents face à cette aventure coquine sur papier glacé. Nicolas Kaltenrieder (24 ans), jeune agriculteur de Cormoret, ne voit pas l'intérêt d'un tel projet. «Ce calendrier ne donne pas vraiment une bonne image du monde rural suisse. Cela ne m'intéresse pas. C'est une mode et le succès ne va pas durer.»

29 avr. 2008, 12:00

Même son de cloche au sein de la famille Schumacher, installée sur le Plateau de Diesse. «Je ne suis pas très favorable à une telle publicité pour notre profession. Cela n'apporte rien», lance pour sa part le paysan de Prêles.

Heureusement pour vous, Mesdames, il y a le camp des plus fripons. A l'image d'Alex Oppliger (37 ans), de Courtelary, qui trouve l'idée plutôt sympa. «Dans notre profession, il faut savoir rester ouvert à tout. Je me présenterais bien, mais je suis un peu trop vieux. Et je n'ai plus le physique pour poser», plaisante-t-il. Et si votre femme était intéressée à figurer sur un calendrier? «Je n'ai rien à dire, la décision lui appartient», indique l'agriculteur du chef-lieu.

Son collègue Mathurin Spycher (23 ans), de Sonvilier, partage cette opinion. «Je n'y vois aucun mal pour l'agriculture. Bien au contraire. Cela donne une image plus légère et plus moderne de notre profession. Mais je n'ai pas trop le temps de m'investir là-dedans», se plaît à déclarer le jeune paysan.

Du côté de l'organe faîtier de l'agriculture régionale, on prend la chose avec humour et légèreté. «Cela ne me dérange pas. C'est dans l'air du temps de faire des calendriers. Cela donne une couleur plus sympathique de notre agriculture», estime Jean-Michel Carnal, président de la Chambre d'agriculture du Jura bernois. «Mais notre association n'a rien à voir avec cette entreprise. C'est une affaire privée qui ne concerne que les intéressés», précise-t-il.

L'appel de Mike Helmy, ancien journaliste du «Blick», instigateur du calendrier, a semble-t-il été entendu, puisqu'ils sont déjà plus de cinquante candidats de toute la Suisse à se presser au portillon pour le casting du 25 mai, dont de nombreux Romands. «Pour un premier essai, c'est une réussite. Côté filles, elles sont près de 200 déjà inscrites pour le casting du 9 mai», indique Sabine Rohr, porte-parole du calendrier paysan. Les candidats doivent avoir 16 ans révolus. Une première sélection aura été effectuée en amont sur la base d'un dossier comprenant deux photos, la taille, le poids et un résumé de l'exploitation. Avis aux amateurs.

Pour Claude Stahel, photographe attitré du calendrier, le défi sera de «photographier les hommes de manière à ce qu'ils soient sexy tout en restant masculins».

L'année 2009 s'annonce chaude à la ferme et aux champs. Et tant pis pour les rabat-joie et autres êtres pudibonds. Ils peuvent tous aller se rhabiller. / MPR

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