Tir dans la ligne de mire

09 avr. 2008, 12:00

Quand Pierre-André Marchand, le rédacteur en chef du mensuel satirique «La Tuile», est convoqué devant la justice pour avoir égratigné quelque personne de sa plume acérée, on sait déjà que l'austérité de la salle d'audience sera vite dissipée par la gouaille du citoyen de Soulce.

Et ce fut le cas hier après-midi, où c'est dans une salle comble et tout acquise à sa cause que Pierre-André Marchand comparaissait devant la juge pénale Carmen Bossart suite à la plainte pour diffamation et calomnies déposée par l'ancien président de la Société de tir sportif de Soulce. Ce Suisse alémanique d'origine, visé dans quatre articles parus dans les numéros de juin, août, septembre et novembre 2007, n'a pas apprécié d'avoir vu sa réputation salie par le fait que son nom soit déformé ou d'avoir été comparé à un néonazi.

Pierre-André Marchand a, lui, justifié ses articles par le fait que les activités du stand de tir, qui auraient dû s'arrêter en 2001, provoquent des nuisances «intolérables», même les samedis et jours fériés. Situé à 300 m de son domicile, le stand «pourrit la vie du village, et ce depuis que ce Monsieur est arrivé à Soulce», a-t-il lancé.

Après discussion avec les parties, Carmen Bossart est finalement arrivée, non sans mal, à conclure un arrangement entre les deux hommes, qui se sont engagés à ne plus «se chercher des noises». Pierre-André Marchand a néanmoins annoncé son intention de publier un compte rendu de l'audience dans la prochaine «Tuile». Mais sans dépasser les limites, a-t-il promis. «Je vous fais confiance», a noté la juge. / mmo