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«T'as fait le boulot pour nous!»

Un instituteur avait asséné un coup de poing à un élève turbulent. Avec les félicitations des collègues! Trente-quatre! Trente-quatre ans d'enseignement quasi sans histoire. Pour se retrouver hier devant le juge pénal à Porrentruy... Cet instituteur des Franches-Montagnes n'a surtout pas cherché à nier les faits, encore moins à fuir ses responsabilités.

29 oct. 2006, 12:00

«Je n'aurais pas dû faire ça. Je le regrette. Mais de cet élève, plus personne ne pouvait en faire façon. Il m'a poussé à bout.» Et hop, un coup de poing derrière la tête! Les collègues du professeur l'ont félicité! «Ils m'ont dit que j'avais fait le boulot à leur place! La direction ne m'a rien reproché.»

Plainte retirée

Mais la maman de l'adolescent de 16 ans est de la nouvelle école, si l'on ose dire. Le gosse rentre à la maison en maugréant que le «rétè» lui en a envoyé une? Et hop, une deuxième, comme ça, t'arrêteras de te plaindre! Cette époque est révolue.

Malgré le fait que l'instit' ait présenté ses excuses par téléphone, la mère de l'élève turbulent a voulu laver «l'affront» subi par son gamin. On s'expliquera devant le juge. Ce dernier, en l'occurrence Damien Rérat, a longuement auditionné les parties. Et l'écoute et le dialogue ont fini par payer.

Le professeur a réitéré ses excuses et la plainte a été retirée. A se demander véritablement pourquoi la justice a été saisie de ce dossier, et si elle n'a pas d'autres élèves - pardon, chats! - à fouetter.

Alcool, tabac, cannabis

En ce mois de juin 2006, le gosse en avait ras-le-bol. A trois semaines de la fin de sa scolarité obligatoire, son contrat d'apprentissage de mécano en poche, il n'en avait carrément plus rien à secouer, de l'école. L'ordinateur qui tarde à s'enclencher? Il le secoue propre en ordre. De la zut, ce matos!

«Qu'est-ce que tu fais? T'es un peu fou?» Et l'instituteur d'asséner une «taloche» derrière la tête du gamin. «La bosse faisait entre six et huit centimètres de diamètre», a déclaré, effarée, la maman.

Par moments, à l'audience, il a fallu s'accrocher. L'ado le reconnaît: il fume, et pas seulement du tabac pur, et l'alcool n'est pas son pire ennemi. L'instituteur: «Il faisait le pitre durant les cours, et ça amusait ses camarades. En classe, vers la fin, c'était un vrai touriste.» L'élève: «Oui, je suis déjà passé devant le juge des mineurs pour consommation de cannabis et dégradation de matériel.» La maman: «Mon fils possède une sacrée vivacité d'esprit. Il est capable de répondre à des profs avec des mots d'adulte!» On n'invente rien!

L'instituteur a maintes fois regretté son geste. Comment s'en sortir, s'est demandé le président du tribunal? La «jugeote» et le doigté de Damien Rérat ont une nouvelle fois eu raison d'un conflit entre adultes. Le prof': «C'est un déshonneur de me retrouver ici. Je ne sais pas de quelle façon je survivrai à une condamnation.»

Il a pu quitter le tribunal debout. / GST

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