Votre publicité ici avec IMPACT_medias

Sonvilier contre autorités

Le canton somme Sonvilier de mener une étude sur un site contaminé. La commune juge que cette investigation n'est pas obligatoire. Un malentendu qui préocuppe certains villages Les autorités de Sonvilier n'envisagent pas de procéder à l'investigation d'un site dit «pollué». Elles s'opposent à l'obligation formulée par les autorités cantonales compétentes.

20 févr. 2006, 12:00

Début janvier, l'Office de la protection des eaux et de la gestion des déchets (Oped) invitait la commune d'un millier d'habitants à «procéder à une étude préalable de l'ancienne décharge sise au lieu dit «Neuf Moulin». Une mesure contraignante, conformément à l'article 20 (alinéa 2) de l'Ordonnance sur les sites.

Mais comme le relève Bernard Meyer, maire de Sonvilier, «Selon les informations en notre possession, la parcelle en question est classée en zone 3, ce qui ne nécessite pas d'investigation tant qu'aucune construction ou changement d'affectation ne seront entrepris».

Des malentendus

L'opposition de la localité s'appuie sur le rapport établissant l'inventaire des sites potentiellement pollués, établi par l'Oped en 1999. «Il y a une série de malentendus. La réglementation a changé depuis lors et la zone en question devra faire l'objet d'une étude préalable», avance Olivier Kissling, collaborateur scientifique à l'Oped. Ce dernier ajoute que Sonvilier n'est pas un cas exceptionnel. La modification de la réglementation n'a visiblement pas été communiquée de manière optimale.

L'inquiétude du maire se justifie par l'engagement de nouveaux frais que la commune ne pourrait assumer dans l'immédiat.

Conscient des difficultés que connaissent les communes de la région, l'Oped n'envisage pas d'engager des procédures contraignantes.

Dans un premier temps, les communes concernées par la même problématique (dans ce cas, celui des décharges communales) devront proposer une planification des interventions réclamées par Berne. «Dans ce cas précis, on se rend bien compte qu'il n'y a pas d'urgence, reprend Olivier Kissling, mais l'investigation devra se faire en fonction des budgets communaux». Une urgence relative donc, du fait que les sites présentant une pollution importante (sites contaminés) sont déjà ou sont en cours d'être traités.

La situation, pour l'instant, est donc loin d'être conflictuelle, mais pourrait à terme le devenir. Il faut savoir que le canton de Berne comptabilise près de 2000 décharges, dont 20% d'entre elles environ nécessitent une étude, selon Olivier Kissling.

Pas cette année

Les autorités de Sonvilier recevront ces prochains jours une réponse à leur opposition, leur expliquant la modification de la loi en la matière. «Je ne pense qu'on ne va pas y échapper, s'inquiète Bernard Meyer. Mais cette année, c'est certain, nous ne pourrons pas mandater une société spécialisée pour effectuer un sondage de la décharge.»

L'homme affirme par ailleurs son intention de demander des explications quant à la modification du classement du site. «Il faut savoir que cette décharge n'est plus exploitée depuis des années. Des arbres ont été replantés et ils sont en bonne santé. De plus, même en cas de forte pluie, nous n'avons jamais eu de problèmes de pollution.»

La préoccupation anticipe une éventuelle obligation d'assainir l'endroit. Si les frais d'une telle opération sont très variables, l'exemple de l'ancienne usine Graber, à Renan, a de quoi «donner des cheveux gris» à Serge Kocher, maire de Renan. Fort heureusement, la mise en conformité du site n'est pas à la charge de Renan. «L'usine privée avait fait faillite et c'est le canton qui s'en occupe», précise Serge Kocher. Les frais d'assainissement se montent à un million de francs.

Un montant qui serait difficile à assumer pour Sonvilier. Et Bernard Meyer d'ajouter qu'il ne va pas engager «des dizaines de milliers de francs pour mener une enquête» avant de vérifier l'attitude des communes qui sont dans la même situation. En espérant qu'elles se montreront solidaires. «Nous ne voulons pas être la commune pilote. Nous voulons être à la même enseigne que tout le canton», conclut-il.

L'Oped y veillera. / MAG

Votre publicité ici avec IMPACT_medias