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Pour Muriaux, c'est la goutte qui fait déborder le verre

Les autorités de Muriaux ne veulent pas entendre parler de la taxe sur l'eau potable, approuvée récemment par le Parlement. La commune pourrait bien être la première à lancer le référendum. Si sept autres en font de même, le peuple devra se prononcer. Ce serait alors une grande première pour le Jura. Certains la voient venir grosse comme une maison. D'ici à deux mois, le Jura pourrait connaître une grande première avec un référendum décidé par des communes (il en faut huit au minimum). L'objet du litige remonte à la séance du Parlement du 21 mai dernier. Ce jour-là, les députés approuvaient par 48 voix contre six la loi-cadre sur la gestion des eaux. On pose son verre pour expliquer que cette loi instaure - entre autres - une taxe sur l'eau potable de 40 centimes par mètre cube destinée à alimenter un fonds cantonal pour soutenir des projets communaux liés à l'amélioration des réseaux d'eau. Le drame.

30 mai 2008, 12:00

Cette redevance comprend un centime prélevé au titre de la coopération internationale, qui devrait permettre de récolter quelque 800 000 francs par an. Cet aspect de la loi n'a pas été contesté par les élus. Par contre, les trois UDC et trois PDC (Sabine Lachat, Jean-Luc Fleury et Jean-Paul Gschwind) ont fait bande à part quant au reste.

Dans les communes, ça grouille également. A commencer par celle de Muriaux, qui a rapidement pris les devants. Le mardi 10 juin, les citoyens du village décideront en assemblée communale s'ils exerceront oui ou non leur droit au référendum. Comme le conseil murivalais est unanimement contre cette redevance, l'issue du vote ne fait guère de doute. D'autres localités sont susceptibles de suivre le mouvement. Mais il ne faut surtout pas citer Epiquerez, Montenol, Courchavon, Courtedoux...

Le maire de Muriaux Pierre-André Gigon a toujours pris un malin plaisir à rentrer dans le cadre des décisions prises dans les hautes sphères delémontaines. Il rappelle que, lorsqu'elle était en consultation, celle loi avait été rejetée par quelque 60% des communes qui avaient daigné répondre.

«C'est un nouvel impôt déguisé», peste-t-il. «Il est impératif que le peuple se prononce là-dessus. Pour les exploitations agricoles, c'est un nouveau coup dur. Cette taxe, c'est 10 francs par vache par année. Au niveau des Franches-Montagnes, comme ce sont les communes qui financent le déficit du Centre de loisirs, imaginez-vous la facture! Pour nous, c'est 3000 francs supplémentaires en ce qui concerne les abreuvoirs situés sur les pâturages communaux.»

Pierre-André Gigon est aussi sceptique quant à l'utilisation du fonds cantonal. «Trois millions seront versés par les communes. Dans un premier temps, le Gouvernement avait dit qu'il allait mettre la même somme. Mais il est déjà revenu en arrière. On va payer pour des communes qui n'ont rien fait pour améliorer leur réseau. Je ne peux pas l'admettre.»

Le député Jean-Paul Gschwind a sorti sa calculette: cette taxe coûtera près de 120 francs par année à une famille de deux enfants. «En tant que PDC, je trouve cela inacceptable. Dans ce canton, on réduit les impôts et on instaure des taxes. Ça ne va pas. Le principe pénalise également les PME.» L'ancien maire de Courchavon est persuadé que huit assemblées communales se prononceront contre cette taxe. Et dans le pire des cas, selon lui, l'UDC est prête à se lancer dans la récolte des 2000 signatures.

Qu'est-ce qu'on ferait sans elle! /GST

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