Plus de 13.000 visiteurs

Le 19e Marché bio a acquis ses lettres de noblesse. On vient de toute la Suisse pour l'admirer. 250 domaines jurassiens vont passer au bourgeon vert ces dix prochaines années L'espace d'un week-end, la population franc-montagnarde a triplé puisqu'entre le Chant du Gros et le Marché bio, ce sont plus de 20.000 visiteurs qui ont convergé vers la montagne.

19 sept. 2006, 12:00

Le Marché bio - 19e édition - a une nouvelle fois cartonné. Placé sous le slogan «Tutti frutti», il a pourtant connu une météo mi-figue mi-raisin, la pluie s'invitant dimanche. Ce qui n'a pas empêché la venue d'un nombre record de visiteurs, plus de 13.000. Et ces derniers venaient des quatre coins du pays, prouvant l'aura que dégage désormais cette manifestation.

Il est vrai que c'est un véritable régal pour les yeux et les papilles. Sous les magnifiques décors réalisés par les pensionnaires du Centre professionnel pour handicapés de Renan, les enfants pouvaient savourer le parc animalier et les grands feux qu'ils alimentaient à tour de bras. La soupe aux légumes, surveillée de près par une sorcière, les petites gelées bio en pots homéopathiques, le parfum de cerise distillé par le spécialiste Luc Maillard, des Genevez, ou encore les magnifiques strifflates de la famille Mertenat, du Bois Français créaient, une ambiance magique... Il y en avait pour tous les goûts, sans oublier le travail tout en finesse des artisans. Au total, une centaine de stands très courus.

Et l'avenir?

Cette 19e édition tombait pile poil sur les 20 ans de Bio Jura et les 25 ans de Bio Suisse. L'occasion pour Bernard Lafleur, de Montfaucon, de rappeler que les pionniers d'alors (dont il fut), les Antoine Queloz, les Jacques Boni et autre Hans-Jorg Ernst, n'étaient pas très bien vus. La jeune association était alors forte de treize producteurs et le tout premier marché bio va se tenir à la ferme de Cerniévillers. Après un court passage à Saint-Ursanne, il va définitivement prendre ses quartiers dans le chef-lieu franc-montagnard. Aujourd'hui, une centaine d'exploitations font partie de Bio Jura. Et, dans les dix prochaines années, 250 fermes qui devraient connaître une reconversion dans le bourgeon vert.

La situation est pourtant devenue plus difficile aujourd'hui, avec un marché très chargé, notamment dans le secteur laitier.

Une nouvelle structure, baptisée «Projab», vient d'être créée pour soutenir la production bio. Elle lance de nouveaux projets, à l'image des saveurs de saison, une formule qui permet de se fournir en légumes et fruits bio chez les maraîchers d'Ajoie.

Comme l'indique Milo Stöcklin, à la tête de l'Ajab, il y a aussi la recherche de nouveaux débouchés, et notamment de nouveaux fromages. Il en va aussi de la quête de nouveaux marchés. Genève a, par exemple, été prospecté. A moyen terme, une société de commercialisation devrait voir le jour. / MGO