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Malgré le couvre-feu, les vandales rôdent toujours

Par périodes, La Neuveville devient soudain la cible de vandales. Ce qui ne sied pas du tout à ce havre de paix aux airs monégasques où la moyenne des revenus par habitant est la plus haute du Jura bernois. Aussi bien les politiques que les autorités policières cherchent donc énergiquement la solution au problème. Les Neuvevillois en ont assez de se réveiller en apprenant qu'encore une fois leur ville a été le théâtre de déprédations. Récemment, des inconnus ont jeté dans le lac de Bienne plusieurs tables et chaises de la buvette située à proximité du débarcadère. Tout près de là, les vitres des tableaux d'affichage de la compagnie de navigation ont été brisées. Passage du Lessivier, des toilettes publiques ont été saccagées. Des barrières de jardin ont été endommagées au chemin des Vergers. A la route de Neuchâtel, un réfrigérateur a encore été incendié.

04 mai 2008, 12:00

A chaque acte de vandalisme, c'est la même consternation chez la population, les politiques et les autorités policières. Pour mettre fin à ces agissements destructeurs, Martin Lehmann, conseiller municipal en charge de la sécurité à La Neuveville, recourt pourtant au couvre-feu depuis la fin de l'année dernière. Cette mesure, inspirée du règlement communal de police datant de 1979, interdit aux mineurs de traîner dans la rue après 22 heures. La décision de Martin Lehmann avait provoqué un tremblement de terre politique en novembre 2007. Depuis, aussi bien des forces de l'ordre privées que publiques sont régulièrement déployées. Faut-il aujourd'hui tirer la conclusion que cette mesure ne suffit pas?

«Chez nos voisins neuchâtelois et biennois, la police est beaucoup plus stricte encore. Les jeunes viennent donc chez nous faire leurs bêtises. Je pense par conséquent qu'à La Neuveville, nous devons davantage serrer la vis. En juin, un nouveau règlement communal de police sera présenté au Conseil général, justement pour répondre aux besoins d'ordre qui se font spécifiquement ressentir dans notre commune. Car le règlement actuel a quand même près de 30 ans d'âge», indique Martin Lehmann. «Cela dit, depuis la mise sur pied d'une police unique le 1er janvier, il y a moins de délinquance juvénile.»

La population est, au cas par cas, appelée à fournir des renseignements. «Oui, car on ne peut pas placer un agent de sécurité derrière chaque arbre. Mais voilà, souvent des gens nous disent, après coup, avoir vu ce qui s'est passé, et ne pas avoir osé nous déranger», commente, dépité, Olivier Cochet, porte-parole de la police cantonale bernoise. «Ce qui est fort regrettable, car il suffirait de vingt minutes à une patrouille de police pour qu'elle rejoigne les lieux où les vandales commettent leur délit. Cela dit, les investigations finissent toujours par nous mener aux auteurs de ces agissements.»

Ivan* est un des jeunes qui a participé à des expéditions de cambriolage à La Neuveville par le passé. En attente d'un jugement, il témoigne de son expérience d'ancien délinquant. «Nous regardions des films en bande l'après-midi. Le soir venu, nous partions en ville pour faire comme dans le film. Nous défoncions les portes de petites entreprises ou de restos et volions ce que nous trouvions sur notre passage.» Le fait d'avoir à faire à la justice le persuadera-t-il de ne plus recommencer? «Aujourd'hui je vous dis oui, mais j'en sais trop rien.» Selon lui, le couvre-feu est-il une mesure dissuasive? «Non, si je tombe sur les flics après 22 heures, ils me ramènent à la maison et ça s'arrête là!» A son avis, la meilleure solution pour La Neuveville serait «simplement que l'on ouvre des lieux où les jeunes de 16 ans pourraient se retrouver après 23 heures». / SFR

*Prénom fictif
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