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Licenciements au lieu d'embauches

Alors qu'elle était censée créer des emplois et s'agrandir, la fabrique de boîtes de montres Mica SA a fait le contraire. Projets en veilleuse Il n'y a pas que dans la vie que ça ne se passe pas toujours comme prévu. Dans l'horlogerie aussi, et même dans le haut de gamme, une branche qui cartonne pourtant ces derniers mois.

12 oct. 2006, 12:00

Ainsi l'entreprise Mica SA, aux Breuleux, spécialisée dans la fabrique de boîtes de montres haut de gamme en or, platine, argent, titane et alliage spéciaux. En décembre dernier, elle annonçait un vaste projet de redéploiement de ses activités, avec construction de nouveaux locaux pouvant accueillir jusqu'à 120 collaborateurs.

En plus de ses activités traditionnelles, la firme avait décidé de lorgner sur un secteur novateur pour elle: la joaillerie. Or, aujourd'hui, aucun coup de pioche n'a été donné à la rue de l'Industrie 10, siège de la société. Pis: cet été (après les vacances), une dizaine d'employés ont été licenciés, l'effectif actuel se situant autour des 25 ouvriers, principalement suisses.

On est loin, très loin, des belles promesses de l'hiver 2005.

Pas de plan social

Mardi, le syndicat Unia Transjurane a rencontré la direction. Le ton s'est voulu conciliant. Contrairement à certains bruits alarmistes, l'entreprise n'est pas au bord du dépôt de bilan. Mica SA songe à se conventionner.

La plupart des travailleurs remerciés ont retrouvé un emploi, à l'exception de deux ou trois dossiers qui posent véritablement problème, et pour lesquels aucun plan social n'est prévu.

Le directeur, Philippe Sublet, joue la carte de la transparence: «A partir du moment où une firme prend des mesures touchant son personnel, on ne peut pas empêcher certaines rumeurs de circuler. Nos projets d'expansion ne sont pas définitivement abandonnés. J'ose croire qu'ils sont juste remis à plus tard. A l'époque, nous avions certainement mal analysé la situation de l'entreprise, qui doit à l'avenir s'inscrire dans la politique et la réflexion globales du groupe Mouawad.»

Quasi morte en 2005

Mouawad? Robert de son prénom, ce richissime homme d'affaires de 61 ans partage son temps entre Genève et Beyrouth. Sa fortune dépasse allégrement le milliard de francs. Il a racheté Mica SA en mai 2004. «Au moment de la transaction, l'entreprise était quasi morte», insiste Philippe Sublet qui, lui, a débarqué en février 2005.

Robert Mouawad avait décidé d'adopter une stratégie commune avec Mica SA et la Manufacture de montres Robergé SA, implantée au Brassus, également propriété du milliardaire. Des ouvriers de la vallée de Joux devaient venir travailler aux Franches-Montagnes. On les attend toujours

Avant de songer au secteur de la joaillerie - les premiers produits doivent être livrés pour la fin de l'année -, la maison breulotière a dû songer avant tout à rassurer ses anciens clients de la boîte de montres, tout en espérant en décrocher des nouveaux.

Et ce n'est pas - encore - gagné.

Sur des oeufs

«Nous n'étions tout simplement pas sur la bonne voie. Il ne sert à rien de vouloir précipiter les événements. Reculons pour essayer de mieux sauter par la suite», affirme le directeur.

Qui marche quand même quelques fois sur des oeufs: «Les terrains annexes ont été acquis. Rien ne dit que la nouvelle construction ne se fera pas. Je sais que M. Mouawad tient à faire quelque chose de bien aux Breuleux. Il poursuit sa réflexion. Il nous faut dénicher des nouveaux marchés et disposer du personnel compétent. Ces transitions sont toujours longues à se dessiner.»

Mica SA a brûlé son premier joker. Le seul? / GST

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