Les fonctionnaires et les ministres gagneront moins, pas les enseignants

Le Gouvernement jurassien a présenté hier 51 mesures en vue d'assainir durablement les finances cantonales. Le but de la man?uvre est de récupérer 20 millions de francs. Le Parlement est mis devant ses responsabilités. Alors que la plupart des cantons fanfaronnent avec des bénéfices qui se chiffrent en millions, celui du Jura n'a même pas de quoi payer une tournée avec son bonus rikiki de 45 000 francs en 2007. Et ce en haute conjoncture. Qu'est-ce que cela va donner une fois que cette dernière va se casser la figure!

10 avr. 2008, 12:00

Dès son entrée en fonction (décembre 2006), le Gouvernement jurassien avait clamé son intention de s'attaquer à un déficit structurel estimé entre 10 et 15 millions de francs. Hier à Delémont, les cinq membres de l'exécutif ont épluché une à une les 51 mesures qu'il entend appliquer en vue de réaliser un potentiel d'économies et de recettes supplémentaires de quelque 20 millions, dont huit devraient se répercuter sur le budget 2009.

«Qui dit prise de risques, dit prise de responsabilités», a lâché la présidente Elisabeth Baume-Schneider. Des mesures ont fait l'objet d'arbitrages au sein du Gouvernement. Des choix ont été politiques. Un programme d'économies n'est jamais populaire. L'exécutif estime que les sacrifices sont partagés, les mesures cohérentes.

Parmi celles-ci, la numéro 18 touche tous les employés de l'administration cantonale (environ 1000 personnes). Elle vise à instituer la semaine de 40 heures, contre 42 actuellement, assortie d'une réduction de salaire d'une heure, dès 2010. Chaque fonctionnaire perdra 2,38% de son salaire. Les magistrats et les ministres sont également touchés par cette économie salariale. Largement plus supportable pour certains fonctionnaires que pour d'autres, vu qu'un ministre gagne annuellement près de 215 000 francs. L'économie escomptée se monte à un million et demi.

Les enseignants, considérés comme des employés de la fonction publique, ne trinqueront pas au niveau du porte-monnaie. Mais une vingtaine de postes vont disparaître dans l'enseignement (une trentaine dans l'administration), sans licenciement. Le législatif devra se prononcer sur certaines mesures (la 18, notamment). D'autres impliquent des partenaires extérieurs (plan interjurassien). «Avec ce Parlement qui dit qu'il n'y a qu'à...» De par cette phrase, Elisabeth Baume-Schneider a directement mis le législatif devant ses responsabilités.

Saura-t-il les prendre? / GST