Les dangers de «l'effet salaire»

Rétribution de base des enseignants rehaussée. Mario Annoni mécontent La nouvelle loi sur le statut du personnel enseignant (LSE) n'est même pas entrée en vigueur que la voilà déjà frappée d'une révision. La faute à une motion demandant une revalorisation du salaire de base des nouveaux enseignants. Un texte que le Grand Conseil a accepté hier, par 98 voix contre 77. Si la décision parlementaire accorde un petit sucre aux enseignants, elle entraîne également une cascade de conséquences juridiques.

25 janv. 2006, 12:00

Le 25 septembre dernier, le peuple rejetait le référendum contre la révision de la LSE, lancé par les enseignants, les syndicats et la gauche. Avec la LSE révisée, le salaire de base (100%) d'un enseignant qui entrera dans le métier le 1er août 2006 est le même à celui qui a commencé sa carrière en août 2004, sous l'ancien régime de la LSE. Notable subtilité, l'enseignant entré dans le métier en août 2004 ne touchait, économies obligent, que 97,5% de l'ancien traitement de base. Les 100% du traitement de base de la LSE révisée correspondent donc à 97,5% de celui de l'ancienne LSE. C'est sur ces chiffres que le peuple a accepté la révision de la LSE en septembre dernier.

Une certaine inégalité

Le 20 avril 2005, avant la révision de la LSE, le parlement décidait qu'un enseignant qui débuterait sa carrière en août 2005 toucherait 99% du salaire de base. Une décision qui n'a de fait été valable qu'une année, créant par conséquent une certaine inégalité. Ainsi, les enseignants qui sont entrés dans le métier en août 2005 touchent davantage que ceux entrés une année auparavant, mais aussi davantage que ceux qui débuteront en août de cette année, engagés eux sous le régime de la LSE révisée.

La motion a justement pour but de gommer cette inégalité. Elle demande que les 100% du traitement de base de la LSE révisée correspondent non plus à 97,5%, mais à 99% de l'ancien traitement de base.

Seulement, Mario Annoni l'a explicitement rappelé hier, une telle modification ne se fait pas d'un coup de cuillère à pot, puisqu'elle touche à la loi. Et toute révision de loi implique un examen par le parlement ainsi qu'une nouvelle soumission au vote populaire facultatif. Sans oublier que, autant généreuse qu'elle soit, l'augmentation ne respecte pas la volonté du peuple.

En outre, cette loi ainsi révisée ne pourrait pas être disponible pour août 2006, mais seulement en 2007. Viennent encore s'ajouter à la liste des griefs gouvernementaux les coûts liés à la revalorisation salariale et ceux liés au retard pris dans l'introduction de la LSE révisée. Enfin, estime le Conseil exécutif, un salaire de base plus élevé sous-tend un salaire maximal plus élevé. Ce petit geste peut donc avoir de grandes répercussions financières. Aussi Mario Annoni a-t-il défendu l'examen approfondi d'une telle augmentation avant de prendre une décision. /DJO-Journal du Jura