Le miel de forêt sera une denrée rare

18 juil. 2007, 12:00

Sale temps pour les apiculteurs du Jura bernois. Avec un mois d'avril sec et un mois de juin froid, la météo n'aura pas été une alliée cette année. Au point que le miel de forêt constituera une denrée très rare!

«En près de 40 ans d'apiculture, c'est la deuxième ou troisième fois seulement que je ne pourrai pas effectuer une seconde récolte de miel.» Président de la Fédération des sociétés suisses d'apiculture, l'Imérien William Schneeberger qualifie 2007 de petite année: «Trop sec, le mois d'avril n'a pas engendré une grande quantité de nectar de fleurs. Généralement, la première récolte de miel de fleurs s'effectue entre le 15 et le 20 juin. Mais la plupart des apiculteurs avaient déjà récolté à fin mai, de peur que les abeilles ne se resservent de ce qu'elles avaient apporté.»

Certains apiculteurs, à l'instar de William Schneeberger, procèdent ensuite à une seconde extraction de miel, plus précisément de forêt, qui est en fait du miellat, soit une substance sucrée produite par des pucerons. Un précieux liquide qui fera défaut cette année. «Avec le froid du mois de juin, les pucerons n'ont pas pu se développer et les gros orages ont lavé tous les arbres.»

Le passionné indique que, dans la région, une année standard permet d'extraire entre 15 et 20 kilos de miel par colonie. Cette année, la récolte devrait osciller entre cinq et dix kilos. Pour les 50 colonies dont il s'occupe, la perte pourrait donc se monter à près de 400 kilos.

Chez les apiculteurs, les années se suivent mais ne se ressemblent jamais. «En 1976, 1995 et 2003, j'avais même pu effectuer deux récoltes de miellat», se souvient l'Imérien.

Dans le Jura bernois, on compterait un peu plus de 200 apiculteurs, dans la mesure où la Fédération des sociétés d'apiculture du Jura bernois dénombre 180 membres, auxquels il faut ajouter une trentaine de passionnés autonomes. Chaque apiculteur récolte et écoule son miel de manière individuelle. La vente directe et les laiteries de village constituent les principaux points d'écoulement.

Tels des grands crus de vin, les pots de miel issu des forêts régionales se distilleront cette année en quantité infime. /mba