Le 144 interjurassien sonne faux pour le CJB

Le feuilleton relatif à la centrale d'appels sanitaires urgents 144 connaît un nouveau rebondissement. Le Conseil du Jura bernois n'entend en effet pas se prononcer avant que deux incertitudes au moins soient levées. Et tant pis si ça doit prendre du temps...
02 août 2015, 19:23

Elle a déjà fait couler beaucoup d'encre, l'affaire dite du 144. Dans sa séance de mercredi, le Conseil du Jura bernois (CJB) a déjà tenu à rappeler à la Direction de la santé publique du canton de Berne que de telles questions étaient prioritairement de son ressort, vu leur dimension interjurassienne. Pour mémoire, les services de Philippe Perrenoud se proposaient d'instaurer une centrale d'appels sanitaires urgents (CASU) 144 en tant qu'institution commune aux cantons de Berne et du Jura à Delémont. Ce qui a soulevé un tollé dans le Jura bernois et à Bienne.

En ce qui le concerne, le CJB maintient que la situation actuelle n'est pas satisfaisante. «Quand on appelle le 144, c'est la centrale de Berne qui répond», a relevé hier le nouveau président du CJB Willy Sunier en conférence de presse. «Si l'appel vient de Bienne ou du Jura bernois, on le transfère au service des ambulances de Bienne ou dans le Jura bernois.»

Hélas, la centrale de Berne manque de compétences en français. Et un Jurassien bernois a pourtant le droit de tomber sur quelqu'un parlant cette langue. Alors, faut-il une centrale à Bienne ou à Delémont?

A l'heure actuelle, en tout cas, le CJB n'est pas disposé à apporter son soutien au projet interjurassien. Il juge en effet prioritaire que le gouvernement propose une solution offrant des améliorations pour l'ensemble de la population francophone du Jura bernois, mais aussi de l'arrondissement de Bienne. Bref, sa préférence va à un projet bilingue et non à un autre strictement francophone tel que celui de centrale à Delémont dans sa forme actuelle.

«Ce projet bilingue gagnerait à concerner Berne et Jura afin de couvrir un territoire suffisant», analyse le CJB. «Mais la localisation de cette centrale bilingue nous importe peu. Ce peut être le Jura ou le canton de Berne, pourvu qu'elle dispose d'excellentes connaissances en français et en géographie régionale, ce que la centrale de Berne ne peut visiblement pas offrir.»

Reste deux incertitudes fondamentales à lever. Le Jura est-il intéressé par un CASU bilingue? A Berne de lui poser la question! Et le principe selon lequel il n'y aura a priori pas deux centrales dans le canton est-il intangible? Le Conseil exécutif est fermement sommé de s'exprimer à ce propos. Le CJB sait que cela ne milite pas en faveur d'une solution rapide. Mais on peut encore vivre avec l'actuelle pendant quelques mois. En fin de compte, il avoue quand même sa préférence: une centrale bilingue couvrant Bienne, le Jura bernois et le nouveau canton. Question de masse critique, a estimé Willy Sunier. /PAB