La direction se met à table

La direction de Swissmetal a proposé au syndicat Unia une table ronde sur la grève qui paralyse l'usine de Reconvilier depuis jeudi dernier. Cette ouverture reste toutefois limitée, le groupe excluant toujours de négocier tant que le travail n'a pas repris, a-t-il indiqué hier en début de soirée dans un communiqué. Cette rencontre «doit permettre aux divers acteurs présents de mieux comprendre les positions et les perspectives de chacun».

01 févr. 2006, 12:00

De leur côté, inquiets devant le durcissement du conflit, les cantons de Berne et du Jura avaient appelé dans la journée la direction et les grévistes de Reconvilier à reprendre le dialogue. La directrice de l'Economie bernoise, Elisabeth Zölch, a réaffirmé sa proposition de médiation. Lundi, au plan national, le conseiller fédéral Joseph Deiss avait estimé qu'il n'appartient pas au gouvernement de se substituer à la direction de l'entreprise.

Hier, au 7e jour de grève, les ouvriers ont démontré qu'ils restent toujours aussi déterminés. Si la direction a informé que «quelques collaborateurs» de Reconvilier ont accepté d'aller travailler sur le site soleurois de Dornach, Nicolas Wuillemin, président de la délégation des employés, a précisé lui qu'en dépit d'une menace de licenciement avec effet immédiat, aucun des cadres de Reconvilier ne s'était rendu le matin à Dornach, comme ils en avaient reçu l'ordre. Néanmoins, onze lettres de licenciements, annoncés avant le début de la grève, ont été envoyées.

Nicolas Wuillemin a également dévoilé à l'assistance que lundi soir, la direction avait rencontré des responsables de la police cantonale. Il n'y a toutefois pas de quoi paniquer, a-t-il souligné, car elle n'interviendra qu'en cas de trouble de l'ordre public. S'agissant du concert de Vincent Vallat prévu hier soir, il s'est déroulé tout à fait normalement, devant quelque 200 personnes. Au préalable, toutefois, la direction avait donné l'ordre aux Securitas d'empêcher qu'il se déroule, avec comme explication justement «des craintes de troubles de l'ordre public».

L'AFDT hausse le ton

Par ailleurs, l'association des fabricants de décolletages et de taillages (AFDT) et cinq patrons d'entreprises de la région ont rencontré hier, à Bienne, une délégation de Swissmetal. Lors des discussions qui ont duré six heures (!), l'AFDT a souligné que les prises de position suicidaires de part et d'autre inquiètent vivement les décolleteurs.

Etant donné l'absence de propositions concrètes de la direction de Swissmetal lors de la séance, l'AFDT a proposé la nomination d'un médiateur industriel, cette première étape découlant de la reprise immédiate du travail, sans condition de part et d'autre. La direction générale s'est engagée à répondre à l'AFDT d'ici à vendredi au plus tard. / ats-pou-jdj

Ce soir, manifestation dès 19h30 sur le parking de la Boillat