La détermination est intacte

Pour tenter de briser la grève, la direction a mis la pression sur les cadres. Elle les aurait même licenciés collectivement Hier, en début d'après-midi, le personnel de Swissmetal a participé à une nouvelle séance d'information. Président de la représentation des employés, Nicolas Wuillemin s'est félicité de la forte participation, soulignant que cette solidarité - à l'image des membres de la Députation francophone, qui ont quitté la séance du Grand Conseil - sera absolument indispensable, «car on va vers un conflit très dur, et il faudra que nous soyons tous solidaires».

27 janv. 2006, 12:00

Il a souligné que la direction générale cherche à diviser le mouvement. Elle l'a tenté hier matin, en convoquant tous les cadres à une séance et exigeant qu'ils signent une liste de présence et s'engagent à reprendre leur travail et à soutenir la stratégie de Martin Hellweg. Ces derniers s'y sont refusés, malgré les menaces de très lourdes sanctions. Vers 13h, ils ont reçu l'ordre de se rendre pour 14h à la direction générale, à Dornach, faute de quoi ils seraient licenciés avec effet immédiat. En dépit des menaces, les cadres se montrés totalement solidaires des grévistes en refusant de s'y rendre.

Toutefois, dans l'après-midi, la direction semble avoir revu sa position en convoquant une nouvelle fois les cadres pour ce matin à Dornach. Une attitude qui démontre bien que la grève sème la panique au sein de la direction générale, car en licenciant tous les cadres, elle rend elle-même impossible la reprise du travail qu'elle exige comme préalable à toute négociation.

Par ailleurs, mandatés par la direction, des vigiles patrouillent depuis mercredi soir devant les entrées de l'entreprise. Officiellement, ils sont là pour surveiller les portes et empêcher toute sortie de matière. Ces précautions démontrent bien que la direction est à bout de sous et qu'elle veut se garder la liberté, le cas échéant, de vendre la matière pour renflouer ses caisses.

Pour l'heure, le syndicat et les commissions n'ont aucun interlocuteur avec qui discuter. Sam Furrer, responsable de la communication, a confirmé que la direction considère «cette grève comme illégale car elle viole gravement la CCT, raison pour laquelle les dirigeants refusent toute discussion avec les grévistes aussi longtemps qu'ils n'auront pas repris le travail.»

Les commissions et le syndicat Unia ont écrit une lettre à Friedrich Sauerländer, président du conseil d'administration, où ils demandent l'ouverture de nouvelles négociations, sous l'égide de la conseillère d'Etat bernoise Elisabeth Zölch. Ils exigent la suspension de tous les licenciements prévus depuis le 18 janvier - à savoir les 27 déjà annoncés, les cadres de Reconvilier apparemment licenciés -, ainsi que tous ceux qui pourraient encore survenir. /POU-Journal du Jura