Votre publicité ici avec IMPACT_medias

L'Interprofession arrose ses dix ans

09 déc. 2007, 12:00

Avec un chiffre d'affaires annuel de près de 60 millions de francs, la filière tête-de-moine génère 371 emplois dans le Jura bernois et le Jura. Il s'agit donc d'un employeur moyen à grand dont l'Interprofession Tête-de-Moine se montre fière. Hier, sur le site historique de Bellelay, elle a fêté ses dix années en rappelant son histoire encore courte au service d'un produit vieux de 800 ans.

Son président, Jacques Gygax, a pris la parole hier devant un parterre d'invités, tous liés de près ou de loin à la production et à l'essor de ce fromage unique en son genre, qui fait la fierté de notre région bien au-delà des frontières helvétiques.

En effet, a-t-il rappelé de concert avec le gérant de l'Interprofession, Olivier Isler, la tête-de-moine est désormais un produit destiné pour plus de moitié à l'exportation. C'est d'ailleurs la part à l'exportation qui ne cesse de croître, tandis que le marché intérieur connaît une progression plus lente.

L'histoire de la tête-de-moine, née à Bellelay dans le couvent des Prémontrés, a été marquée dans son histoire récente par quelques formidables coups d'accélérateur. Cela, c'est Jean-Pierre Beuret, ancien ministre jurassien, qui l'a rappelé. Le premier est celui qu'a donné le fabricant Nicolas Crevoisier en mettant sur le marché sa célèbre girolle.

Du coup, la tête-de-moine cessait d'être le fromage que le père de famille raclait solennellement une fois l'an aux environs de Noël. Finies, du même coup, les remontrances faites aux enfants lorsqu'ils avaient voulu s'essayer à la noble tâche et laissé un trou béant au beau milieu de la meule! Avec la girolle, la tête-de-moine s'est démocratisée et depuis cette date (1982), elle a commencé à pénétrer dans des foyers toujours plus nombreux et de manière toujours plus répétée.

Auparavant bien sûr, il y eut la création de l'Association des fabricants de tête-de-moine, en 1978, qui s'était fixée pour mission de définir la zone de production du noble fromage, afin de le protéger.

Ces démarches des anciens allaient fatalement déboucher sur la création de l'Interprofession, dont le but premier a été de doter la tête-de-moine d'une Appellation d'origine contrôlée (AOC). Ce but fut atteint en 40 mois, et le 8 mai 2001, la tête-de-moine devenait le second fromage de Suisse à obtenir une AOC.

Nécessitant du lait obtenu de vaches nourries avec du fourrage non ensilé, la fabrication de la tête-de-moine allait amener bien des discussions dans la région interjurassienne, puisque les agriculteurs livrant leur lait aux huit fromageries de tête-de-moine ont dû renoncer à ce type de fourrage. Mais au final, l'aventure a été profitable et belle pour tous. / bdr

Votre publicité ici avec IMPACT_medias