L'école est bientôt finie

Par manque d'effectif, l'établissement scolaire fermera ses portes cet été, soit une année plus tôt que prévu. Tout le monde ou presque s'accorde à dire que cette décision était inéluctable Début juillet, l'école de Mont-Crosin fermera définitivement ses portes. Un effectif en baisse explique cet abandon. Au vrai, l'établissement scolaire était en sursis depuis plusieurs années. Il aurait même bénéficié de «fleurs», osent certains.

20 janv. 2006, 12:00

La fermeture aurait dû intervenir en été 2007. Mais la patience de l'inspection scolaire de langue française a des limites. Il a donc été décidé d'arrêter les frais de façon prématurée. Economie estimée: environ 200.000 francs.

«Ça suffit d'aller chercher des élèves sous les sapins!»

Lundi 13 février, les délégués du Syndicat scolaire de Courtelary - Cormoret - Villeret sont convoqués pour une séance extraordinaire. A l'ordre du jour: la fermeture de l'école de Mont-Crosin. «Si on refuse, le canton nous imposera sa décision, dévoile Alfred Rüegsegger, le président du syndicat. Mais tout est question de logique.» Maire de Courtelary - l'école de Mont-Crosin est située sur le territoire de cette commune -, Otto Borruat y va également de son propre uppercut: «Nous sommes mis devant le fait accompli. Aucun argument valable ne plaide en faveur du maintien de cette école.»

«C'était une fierté de posséder une école là-haut, reprend Alfred Rüegsegger. J'ai eu envie de me battre jusqu'au bout. Mais la démographie est ce qu'elle est.»

Point d'interrogation

Ainsi, c'est sur l'autel de la fréquentation que l'école de Mont-Crosin sera sacrifiée. Inaugurée en 1969, elle a dénombré jusqu'à deux classes et pas loin d'une vingtaine d'élèves. Mais, à une certaine époque, le degré primaire et le secondaire pouvaient être réunis sous le même toit.

Aujourd'hui, l'établissement compte sept élèves (1ère - 6e primaire), soit un de plus que douze mois auparavant. «Et il y a deux ans, on en recensait douze, raconte l'institutrice en place. Je ne comprends pas tellement cette décision de fermeture. Elle s'accompagne d'un grand point d'interrogation.» Si rien n'est encore tranché officiellement, la maîtresse se verra toutefois proposer un nouveau poste à l'école primaire de Courtelary, en remplacement d'un instituteur en partance pour la retraite. Quant à la deuxième personne, qui enseigne quatre heures par semaine les travaux manuels, elle est nommée d'année en année. Le canton n'a donc pas l'obligation formelle de lui trouver un autre emploi.

Et les élèves, dans tout ça? Les parents ont le choix. Saint-Imier, Courtelary, Villeret, Cormoret, Tramelan, Les Breuleux: ce ne sont pas les solutions qui manquent. «On va les dédommager, déclare Alfred Rüegsegger. Aujourd'hui, les moyens de locomotion ont évolué.» Au point que la décision de fermeture, devenue inéluctable, n'a soulevé aucune fronde de protestation.

Projections défavorables

Le président du syndicat assure que des études ont été effectuées pour savoir si la vingtaine de fermes situées dans les environs de Mont-Crosin, partant les familles exploitantes, allaient pouvoir assurer un nombre d'élèves suffisant au maintien de cette école de montagne. «Jusqu'en 2013, les projections sont défavorables. Par moments, nous avons fait du bricolage.» En clair, un ou plusieurs élèves ont été retirés d'une autre école pour venir grossir les rangs de celle de Mont-Crosin. «Cela s'est vérifié il y a peu avec une fille qui fréquentait une classe spécialisée à Saint-Imier, narre Otto Borruat. J'aime bien rappeler la formule de l'inspecteur: «Ça suffit d'aller chercher des élèves sous les sapins!»

Que va devenir le bâtiment, qui comprend, outre les locaux scolaires, un appartement et un studio? L'immeuble appartient à la commune de Courtelary. Mais le terrain est propriété de la bourgeoisie, qui avait cédé en son temps un droit de superficie pour une durée de 99 ans. «On va essayer de vendre, glisse le maire. Il faudra voir comment s'y prendre au niveau de la procédure.»

Bon courage. / GST