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Indulgence racontée

Dans «L'Hôta», Paul Boillat, du Boéchet, raconte comment la tradition des ex-voto s'est instaurée dans cette paroisse. Passionnant! Les murs de la chapelle du Vorbourg ou les grottes de Sainte-Colombe (Undervelier) en sont tapissés. C'est connu. Ce qui l'est moins, c'est que l'église des Bois possède une quarantaine d'ex-voto, magnifiques tableaux peints demandant l'indulgence. Mais d'où vient cette curiosité historique?

01 nov. 2006, 12:00

Paul Boillat a plongé dans les livres anciens pour rapporter les faits dans le dernier «L'Hôta», l'organe de l'Aspruj, l'Association de défense du patrimoine rural bâti. Il raconte que l'agrandissement de la communauté des Bois - la plus importante avec Montfaucon à ce moment-là - fit que le curé de l'époque, un certain Justin Aubry, décida de transformer la chapelle du lieu (construite en 1627) en église. En 1839, il fit venir des catacombes de Rome les restes de saint Justin, décapité sous Marc-Aurèle en 165. Les restes du saint sont conservés sous une châsse en verre. L'évêque de Bâle accorda alors 40 jours d'indulgence aux fidèles. C'est de là que remontent ces ex-voto.

Pas loin du secret

Comme l'explique l'historien, ces tableaux religieux ont un double but. Ils marquent d'abord l'attachement des catholiques jurassiens à leur foi face au pouvoir bernois.

La plupart des quarante représentations - datant essentiellement de la période allant de 1841 à 1856 - représentent ensuite des personnages qui prient pour demander une grâce, que ce soit en raison de la maladie de chevaux ou de bovins blessés ou agonisant. On y voit des chambres de malades, ou encore des serpents vaincus.

Bref, on est très proche du secret en implorant une intervention divine. Le détail des habits portés par les personnages représentés démontre souvent que ces fresques étaient le fait de la bourgeoisie de la montagne.

Noms taignons

Parmi les noms figurant sur ces ex-voto, on trouve les patronymes courant dans les Franches-Montagnes: les Baume, les Cattin, les Guenat... Comment expliquer que cette «mode» des ex-voto n'ait duré que quinze ans aux Bois? Changement politique ou relâchement des moeurs? Difficile à dire.

A relever que ce numéro de «L'Hôta» comprend aussi des articles sur le stand de Moutier, le Royal, à Tavannes, et la villa Burger, à Porrentruy. / MGO

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