Duel explosif Forster - Zuber

16 oct. 2010, 08:27

Marcelle Forster (PSJB) a franchi le pas en défiant Maxime Zuber (PSA) dans son fief de Moutier. Deux socialistes, opposés sur la Question jurassienne, se disputeront donc le fauteuil de maire de Moutier le 28 novembre. «Actuellement, on mène ici une politique d'isolement», déplore Marcelle Forster, qui a déposé sa candidature hier. «J'ai la nette impression que nos autorités sont un peu contre tout.» Des exemples? La politique frileuse en matière de fusions, notamment. A l'entendre, la ville ne vivrait plus, les Prévôtois ne sauraient plus vivre ensemble. Dernière flèche décochée? L'accusation de passivité quand les commerces ferment. De quoi citer l'exemple de Manor et ces files de voitures aux plaques bernoises circulant en direction de Delémont à l'heure des commissions le samedi. Morale de l'histoire?

La candidate reconnaît avoir subi beaucoup de pressions: «Le PSA a déclaré qu'il ne participerait pas à une liste francophone pour l'élection du Conseil national si je me présentais. Il faut savoir qu'à Moutier, le PSJB est entré en contact avec le PSA pour lui faire des propositions précises, style liste commune ou apparentement. Nous avons posé une condition: qu'il quitte l'Entente jurassienne et ses partis de droite. Nous n'avons pas eu de réponse et avons finalement appris que l'Entente serait reconduite. Il est clair que si le PSA avait accepté nos conditions, je ne me serais pas lancée.

Les pressions ont même atteint les PS bernois et suisse. A tel point que Marcelle Forster a envisagé de se présenter sans étiquette pour ne pas nuire aux négociations «nationales». «Roland Näf, le président du parti bernois, m'en a dissuadée. Je l'ai pris comme une marque de soutien. Mais il est évident que si un plus jeune avait franchi le pas, je serais restée à la maison.»

Interrogé sur cette candidature de dernière minute, Maxime Zuber (47 ans) relève que c'est une surprise sans en être une: «Nous avons entendu dire que Marcelle Forster avait été approchée par des gens de l'UDC, du PLR et de FD comme Pierre-Alain Droz, Claude Röthlisberger et Sylvain Astier. Il n'est pas très surprenant qu'elle ait été séduite. Ce qui m'étonne, par contre, c'est qu'après avoir pris congé du Conseil municipal et des services communaux en prétendant avoir fait son temps, pour laisser la place aux jeunes, elle fasse un come-back à 68 ans.»

S'agissant des conséquences sur les relations PSA-PSJB, le maire constate: «Ce qu'on peut dire, c'est que cette candidature interpelle. Après tout, c'est une socialiste qui attaque un socialiste.» Au fait, la dernière campagne de Maxime Zuber sera-t-elle sa plus dure? Eh bien, il ne le pense pas. «Dans les débats que nous aurons, mon adversaire ne pourra pas remettre en cause un bilan unanimement reconnu comme positif. Elle a d'ailleurs dit récemment que j'étais un bon maire!» Reste à savoir si la Question jurassienne revêtira une place plus importante dans la campagne. Maxime Zuber affirme que tel ne sera pas le cas. /pab-réd